‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 191 sur 347 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

l'orthodoxie de sa doctrine 303

que la Réforme ne se donne pas ainsi à elle-même le plus cruel démenti?... Elle s'est vue obligée et comme forcée de pratiquer ce qu'elle avait condamné. Car qu'ont fait les ministres et les pasteurs de l'Église protestante? ont-ils permis à toute personne de s'en tenir à son explication privée et n'ont-ils pas exigé de leurs disciples que, renonçant à tout esprit particulier, ils ne reçussent la parole de Dieu qu'expliquée dans le sens et de la manière que le corps des pasteurs la leur proposait? Persuadés que pour maintenir leur Église, il fallait un jugement définitif, ne se sont-ils pas soumis à celui du Synode national?... Quand ils ont trouvé des esprits opiniâtres, ne les ont-ils pas traités de schismatiques? Ne les ont-ils pas retranchés de leur société? Conduite que je défie les protestants de concilier avec leur profession de foi. » Ce langage était certes assez lumineux pour ouvrir les yeux des plus aveugles et pour démontrer jusqu'à l'évidence l'énormitéde leurs inconséquences et de leurs contradictions. En efTet, chacune des paroles de Bourdaloue était un coup terrible porté à l'erreur : quot verha tôt victoriœ.

On le voit, c'était bien avec le zèle d'un apôtre que l'éloquent missionnaire s'efforçait de ramener les égarés au bercail. Réfutant toutes leurs erreurs, il s'appliquait à traiter les points de doctrine qui étaient l'objet de leurs attaques. Dans ses Sermons SUT la Vierge, il avait soin pour arracher les protestants à leurs fausses idées sur le culle rendu à Marie, de dire hautement : «Nous n'en faisons

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pas une divinité ^ » En leur parlant des prières pour les morts, il leur démontrait la vérité de la croyance au purgatoire. « Si les hérétiques étaient aussi éclairés qu'ils se flattent de l'être, voici comment ils raisonneraient. Il faut prier pour les morts, toutes les lumières de la religion le démontrent; donc je dois être convaincu qu'il y a un purgatoire, car qu'est-ce que le purgatoire, sinon un état de souffrances et de peines, où les morts sont soulagés par les prières des vivants? Je ne puis admettre l'un sans convenir de l'autre -. » Au sujet de la présence réelle de Jésus dans l'Eucharistie, il s'écriait : <( Ce n'est point une représentation seulement, ni une simple commémoration... Je sais de quelles erreurs l'hérésie a infecté sur cela les esprits. Les hérétiques des derniers siècles se sont non seulement étonnés, mais scandalisés d'une vérité néanmoins si solidement établie. En vain pour les convaincre leur a-t-on opposé ces paroles si claires, si formelles, si précises : Ceci est mon cotys, ceci est 7noii sang ; ils n'ont point manqué de subtilités pour les interpréter et les détourner... Pressés par un témoignage si évident, à la signification propre des termes, ils n'ont i)as rougi de substituer le sens le moins naturel et le i)lus forcé, altérant la proposition de Jésus- Christ, tout expresse qu'elle est et la réduisant à dire : Ceci est le signe et la figure de mon corps et ceci est le signe et la liguie de mon sang \ »

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