Mémoires, l. CXXVII
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d'àme reposaient sur le vide et manquaient de (( précision, de sagesse et de solidité ». L'aulorité de Fénelon en ces délicates matières ne le rassurait pas, et nous pouvons juger du peu de confiance que lui inspirait sa doctrine à ce langage : « Attachez-vous à ceux qui vous conduisent par les voies d'une foi soumise et agissante... Si (juelqu'un vous parle autrement, j'ose vous dire, comme saint Paul, que, (juand ce serait un ange du ciel, vous le devez traiter d'anathème'. » C'est que Bourdaloue redoutait par-dessus tout pour les âmes les imaginations, les rêveries, les illusions, les transports, les extases d'une piété sublime et d'un mysticisme exagéré. Il appelait la raison la directrice souveraine des mouvements de l'àme et il en faisait la règle de la direction spirituelle et de la vraie piété.
Dans le Sermon sur la Prière, le prudent religieux montre à ses auditeurs les abus de « l'oraison ]»articulière et extraordinaire » qui avîiit tant de \ogue chez les quiétistes. Il ne nie pas la possibilité d'atteindre à un état où Dieu, prévenant l'àme par des impressions fortes et s'en rendant maître, l'élève au-dessus d'elle, tient ses puissances comme liées et suspendues, la fixe à un seul objet, l'établit dans un saint repos. Mais cet état très rare et tout exceptionnel fait souvent place à un autre état qui n'est qu'une source d'illusions dangereuses, d'illuminations fausses et de chutes redoutables. Homme de raison, Bourdaloue ne sacrifie pas le bon