‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 205 sur 347 · Lettre de M°"= de Maintenon · texte numérisé non relu

Lettre de M°"= de Maintenon

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faisait un devoir de retirer de Saint-Cyr le livre dangereux, et en dépit de toutes les prières de M""' de La Maisonfort, elle en éloignait xM""" Guy on. Le sage conseiller terminait sa lettre en prévenant son honorable correspondante qu'il avait pris note des propositions dangereuses contenues dans le Moyen court, et qu'il lui en porterait « l'extrait à Saint-Cyr, ainsi que le -Sermon fait à Saint-Eustache sur cette matière' ».

Un autre témoignage rendu par une grande dame du xvii" siècle complète celui qui nous vient de M"'' de Maintenon et prouve que si Bourdaloue condamnait la doctrine de M'"^ Guyon, il ne tolérait pas davantage celle de Fénelon dans les Maximes des Saitits. Dans une de ses lettres à son oncle, le cardinal de Bouillon. M'"^ de Montbazon, Louise-Julie de La Tour d'Auvergne, disait au prélat : « Vos véritables amis sont consternés; le P. Bourdaloue, le P. Gaillard, M. de Chaulnes et M. de Caderousse, sont désolés; ils vous conjurent de dissiper la tempête à quelque prix que ce soit et de ne pas mettre voire gloire à périr pour sauver le livre de M. de Cambray'. » Si le cardinal eût écouté les conseils de Bourdaloue, il n'aurait pas encouru la disgrâce de Louis XIV et ne se serait pas attiré cette réprimande terrible, annonce du coup qui allait l'atteindre: (( Mon cousin, ce n'est pas sans ressentii" une vive colère que j'apprends que le P. Charonnier, avec

i. Sermon sur la Prière.

•2. Montbazon à Bouillon. Paris, H juin 16'J8.

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qui vous êtes très lié, tient des propos contre moi et t'ait tout ce qu'il peut pour arrêter la décision du Pape concernant le livre des Maximes des Saints^. » Comment le prélat n'avait-il point suivi les recommandations du prédicateur qu'il considérait comme un oracle, il aurait fait [)reuve de prudence et d'ortliodoxie, évité le coup de foudre du souverain courroucé et échappé aux tristesses et aux douleurs de la disgrâce et de l'exil.

Ainsi de quelque côté que vînt l'erreur, Bourdaloue lui faisait face et l'obligeait, quels que fussent le crédit et le talent de ses fauteurs, à reculer.

Il est une autre question qui agita les esprits au xv!!*" siècle et qui a soulevé depuis les plus graves débats, le gallicanisme. Quelle fut l'opinion deBourdaloue sur les libertés et les prérogatives de l'Eglise de France, quelle fut la position prise par lui sur ce nouveau terrain? Le célèbie prédicateur manifesta-t-il ses idées et ses sentiments sur ce sujet? On se demande si, avec sa prudence et son orthodoxie, il partagea les préjugés et les prétentions qui eurent cours de son temps? Il est certain que Bourdaloue professait hautement la doctrine de l'indépendance des deux pouvoirs dont il demandait l'accord et qu'il proclamait l'indéfectibilité de la chaire de Rome dont il se montrait le fils très soumis. Mais autoritaire comme il l'était, avec ses opinions politiques si fortement établies sur le droit divin, base à ses yeux

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