‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 207 sur 347 · L ORTHODOXIE DE SA DOCTRINE · texte numérisé non relu

L ORTHODOXIE DE SA DOCTRINE

(le l'Église de P'rance de ce document ainsi que des Ordonnances du Concile de Paris. Dans le Set^mon sur r Autorité de V Eglise il appelle la Pragmatique sanction « l'un des plus saints monuments de la sagesse royale ». Au xvii^ siècle la question de la Régale, on le sait, avait soulevé des difficultés entre Louis XIV et le clergé. Par une ordonnance qui datait de 1673, le monarque que Bourdaloue était fier de qualifier « le plus absolu des rois », le maître auquel il disait avec Bossuet : « Sire, gouvernez hardiment, » avait revendiqué le droit de percevoir les revenus des évêchés pendant leur vacance. Les évèques avaient cédé sur le côté fiscal de la question, moyennant la renonciation de la couronne à la collation des bénéfices durant la vacance des sièges. Ces démêlés avaient contribué à tendre la situation entre Innocent XI et Louis XIV et c'était dans cet état de choses que Bossuet avait été chargé d'ouvrir l'Assemblée du clergé et avait prononcé le fameux Discours sur l'Unité.

Homme de doctrine, de sagesse, d'autorité, dévoué au roi et à l'Kglise, Bourdaloue partageait-il les idées de Bossuet et était-il favorable aux libertés gallicanes ? Le passage d'un de ses sermons du Carême de 1682 nous porte à le supposer. Entendons le langage qu'il tient alors au roi : « Comme fils de rÉglise, Votre Majesté a écouté les ministres de Jésus-Christ, elle s'est rendue à leurs remontrances, elle a secondé, ou plutôt prévenu, excité, fortifié leur zèle; et elle a consenti à la diminution de ses

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droits, n'ayant compté pour rien ses intérêts parce qu'il s'agissait des intérêts de l'Église ^ » Bourdaloue qui était si circonspect n'hésitait pas à s'exprimer ainsi au lendemain même de l'ouverture de l'Assemblée de 1682. Heureux de voir que les querelles de la Régale n'avaient point amené une scission entre l'Église et l'Etat, il parlait en ces termes flatteurs pour le roi au moment même oii Bossuet, après avoir prononcé son Discours sur V Unité de V Eglise^ formulait les articles de la Déclaration. Est-ce que ce langage où le prédicateur félicite Louis XIV d'avoir « consenti à la diminution de ses droits » n'implique pas le respect de Bourdaloue pour les droits d'un ordre et d'un intérêt supérieurs dont Bossuet prend à celte heure même la défense ? En reconnaissant ainsi avec éloges les concessions faites à l'Église de France par le roi, n'eiit-ce pas été le moment d'encourager le monarque à en accorder d'autres et à l'engager à céder sur les franchises et les libertés gallicanes dont il se montrait si jaloux et dont il faisait affirmer si hautement la légitimité par l'Assemblée générale du clergé? Le silence gardé par le prédicateur sur ce sujet nous porte à croire, quand nous le rapprochons du langage que nous venons d'entendre, que Bourdaloue partageait les idées de Bossuet.

La découverte toute récente d'un document précieux prouve encore que notre supposition n'est ni

1. fermait ])0>ir In Fêle de la l'iirifiralion . (Carême do ifiSi.

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