‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 21 sur 347 · Oraison funèbrt de Michel Le Tellier · texte numérisé non relu

Oraison funèbrt de Michel Le Tellier

sa parole visera le courtisan ambitieux, riiomme d'Etat injuste, l'héritier si peu digne de la vertu et de l'honneur de son sang, le sujet enfin moins dévoué au roi et à l'État qu'à ses passions et à sa fortune. Aussi quand la mort frappera Louvois et l'emportera (( plus subitement qu'on ne j)eut l'imaginer^ w, Bourdaloue, |)ris de pitié pour celui qui fut impitoyable aux autres, ne cessera de crier au ciel grâce et pardon. Louvois, enseveli aux Invalides, ne devait qu'y passer. Celte sépulture était disproportionnée à sa taille, elle attendait le géant de la guerre, sacré par la gloire et le malheur, seul assez grand pour l'occuper et la remplir. Après une nouvelle halte aux Capucines de la ])lace Vendôme, ses cendres furent enfin déposées à la place qui leur convenait, dans l'Église de riiôpilal de Tonnerre, au cœur même de son comté.

Mais le talent de parole départi si largement et si flatteusement reconnu au jeune professeur prédestinait Bourdaloue à de plus importants et à de plus glorieux travaux, et, en dépit de ses résistances énergiques, il eut à se produire sur un ))lus brillant théi\tre. Dans une circonstance délicate, au cours même d'une retraite ecclésiastique, il fut appelé à remplacer le prédicateur qui avait été atteint d'un mal subit. Pris à Timproviste, il ne déçut point l'attente de ceux qui lui avaient imposé ce devoir et son succès devant une assemblée d'élite

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