CHAPITRE IX
La prédication de Bourdaloue était accessible et populaire. — L'opposition suscitée par sa morale. — Habileté du prédicateur à saisir les caractères. — Ses portraits. — Rien n'échappait à son regard. — Sans tomber dans la satire, Bourdaloue censure les défauts régnants.
— « Si M. Despréaux me chante, je le prêcherai. > — Dans le Sermon sur la Médisance, il dépeint Pascal comme un esprit dangereux. — Portrait du grand Arnauld. — Réfutation des Provinciales. — 11 n'est pas une seule de leurs calomnies dont il ne fasse justice. — Dans le Sermon sur T Hypocrisie, Bourdaloue en remontre à Molière. — LeTarlufe. — Une semblable morale favorisait tous les bas instincts. — Le mal fait par les Comédies de Molière. — Dans le Sermon sur l'Impureté, Bourdaloue condamne les Contes AeLa. Fontaine.
— Les portraits de M""" Guyon et de Fénelon dans le Sermon sur la Prière. — La retraite de M. de Tréville. — Les allusions attribuées au familier de Madame n'étaient-clles pas surfaites ou supposées? — Vogue des portraits de Bourdaloue. — On voulait en voir partout. — Leur fausse imitation. — Le prédicateur était un justicier. — Son silence eiit été coupable. — Elévation et puissance de sa morale. — Communauté de vues entre (iœt/ie et le prédicateur. — La morale de Bourdaloue se complète dans sa direction.
Un grand écrivain a dit : Les hommes de stature moyenne ont plus d'analogie avec leur siècle que les hommes démesurés'. Il en est, en effet, des génies comme des sommets des plus hautes montagnes, on n'en apprécie l'élévation qu'à distance. Ainsi, au xvif siècle, tandis que l'élite des esprits proclamait la royauté de Bossuet dans l'éloquence, la foule, moins accessible aux conceptions sublimes, se passionnait