Montalembert, les Moines irOccidenl
pour les sermons de Bourdaloue. Plusieurs raisons rendaient la prédication de ce dernier puissante sur les masses. Tournée vers la morale, elle s'adaptait à leurs besoins, s'accordait avec leurs instincts et exerçait un vif attrait sur elles, parce qu'elle semblait, de fois à autre, faire comme une part à l'actualité. La science de la vie, la connaissance du monde, laclarté des démonstrations, la simplicité du langage, le piquant des détails, tout cela les amenait et retenait autour de sa chaire. Aussi, en présence de cette vogue, on s'est demandé comment Bourdaloue, qui répétait parfois ses sermons, avait pu conquérir une telle popularité. Le secret de ce pouvoir lui venait des qualités de sa parole. Toutefois cet empire n'était pas sans déplaire à ses contradicteurs. Port-Royal ne lui était pas favorable, Arnauld enveloppait Bourdaloue dans la malveillance qu'il portait aux Jésuites. Les Jansénistes mondains s'élevaient contre la morale de ses sermons'. La princesse de Conti et la duchesse de Longueville, nous le savons, éprouvaient pour lui une vive antipathie, l'une se scandalisait de sa prédication, l'autre critiquait son genre et sa personne, et enfin M""^ de Montespan le dénigrait en pleine cour. Toutes ces oppositions contribuaient à lui concilier les ccrurs et à le rendre populaire, on reconnaissait en lui une indépendance sacerdotale courageuse et cela, joint aux belles qualités de sa ])arole, faisait