Sermon sur la Parole de Dieu
que rarement, à roccasioii d'un livre pernicieux, d'une doctrine dangereuse ou d'une conduite scandaleuse, qu'il laissait tomber le blâme et la réprobation sur les personnes. Aussi est-il sage de ne pas accepter le jugement exag(îréde M"'^deSévigné, prétendant quait bas de chacune de ses peintures^ il ne manquait que le no77iK En cela nous sommes du sentiment de Nisard : « Quant aux gens, quoiqu'il ait passé pour les dépeindre, je ne vois guère, au lieu de personnes, que le pécheur abstrait dans ses différentes sortes-.» Dans ses sermons, Bourdaloue mettait avant tout en relief les défauts, les vices et les crimes de ses contemporains, ce qui faisait croire à certains qu'il y mettait en vue les personnes. Au xvii" siècle, à la cour surtout, on avait un goût très prononcé pour les allusions et les personnalités. Quelques prédicateurs, le P. de La Rue et le P. Séraphin entre autres, aimaient à esquisser la physionomie morale de certains de leurs auditeurs, et le maréchal de Villeroy et le duc de Beauvilliers auraient été assez malicieusement dépeints par l'un et par l'autre. Saint-Simon, qui était porté à médire, prétendait que les traits de ces satires étaient assez fidèles pour y trouver de vrais portraits^ Notre prédicateur, la chose est certaine, passait pour maître en cela et ses imitateurs lui étaient si inférieurs qu'on ne les appelait que « les singes de Bourdaloue » .