‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 220 sur 347 · Le P. Soiuniervogel, v. 1814, n · texte numérisé non relu

Le P. Soiuniervogel, v. 1814, n

Arnauld à partie. « Ce qui mVHonne le plus, c'est que dans un siècle tel que le nôtre, où nous n'entendons parler que de réforme et de morale étroite, on voie des gens pleins de zèle, à ce qu'il semble, pour la discipline de l'Église et la sévérité de l'Évangile, suivre toutefois les principes les plus larges sur un des devoirs les plus rigoureux de la justice chrétienne, qui est la restitution de l'honneur et sa réparation. Un homme aura passé toute sa vie à décrier non seulement quelques particuliers, mais des sociétés entières; il aura employé ses soins à réveiller mille faits injurieux et calomnieux ; et, comme si ce n'était pas assez de les avoir débités de vive voix et d'en avoir informé toute la terre, ou par lui-même, ou par d'autres animés de son esprit ; il se sera servi de la plume pour les tracer sur le papier et pour en perpétuer la mémoire dans les âges futurs : cependant cet homme meurt, et sur tout cela on ne voit de sa part nulle réparation ; on ne pense pas même à entrer pour lui là-dessus en quelque scrupule; et sans hésiter on dit: c'était un homme de bien, c'était un grand serviteur de Dieu ; il est mort dans des sentiments de piété qui pénétraient les cœurs et qui ont édifié tout le monde. Je le veux, et je ne rabattrai rien de l'opinion de sa bonne vie ; mais après tout, trois choses me font de la peine : l'une, qu'il est" incontestablement chai'gé d'une multitude infinie de médisances, et de médisances atroces ; l'autre, que toute médisance, qui n'est pas ré|)arée autant qu'elle pouvait et devait l'être, devient au jugement de Dieu

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un titre certain de condamnation ; et la troisième, qu'il ne paraît rien que ce mourant ait marqué quelque repentir de ses médisances passées, et qu'il ait pris quelques mesures pour les effacer. VoiLà ce que je vous laisse concilier avec la sainteté de la vie et la sainteté de la mort. C'est un mystère pour moi incompréhensible et un secret que j'ignore. » On comprend qu'à ce langage, Sainte-Beuve, se rappelant les portraits dont« étaient animés et égayés » les sermons de Bourdaloue, ait pu dire: « J'y distingue et j'en détache celui dans lequel, sans pouvoir s'y méprendre, se particularise et s'accuse la figure d'Arnauld... Portrait peu à son avantage, en laid, mais ressemblant, tracé de main de maître ^ » Durant tout le cours de son Germon sur la Médisance, Bourdaloue ne cessa de combattre les ennemis de son Ordre. Il dissipateurs équivoques, il démasqua leurs prétextes, il confondit leurs mensonges et il laissa dans Fàme de ceux qui l'écoutaient et qui étaient de bonne foi, la conviction de son espritde droiture et de vérité. On reconnaissait en lui, malgré toutes les critiques et les calomnies dont l'accablaient les Jansénistes, l'homme sincère et courageux qui avait consacré ses talents à la défense de la justice et qui n'avait d'autre ambition que de faire triompher la cause de ses frères, à ses yeux inséparable de ceUe de Dieu.

En écrivant \^^ Petites Lettres^ comme on api)elait

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