‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 224 sur 347 · Sermon jjom' la Purification. — Mystère)), t. II · texte numérisé non relu

Sermon jjom' la Purification. — Mystère)), t. II

tention, Boiirdaloue n'est ])as moins formel et il démontre que la doctrine théologiqiie des Jésuites sur ce point est encore à l'abri de toute attaque. (( Quand il s'agirait, dit-il, de convertir et de sauver tout le monde, Dieu ne voudrait pas que je tisse un mensonge quoique léger et il s'en tiendrait offensé. Quand il s'agirait de procurer à Dieu toute la gloire qui lui peut être procurée. Dieu ne voudrait pas de cette gloire à cette condition. Il veut que j'abandonne même le soin de sa gloire plutôt que de commettre le moindre péché K » Pouvait-on condamner les mauvais principes attribués au faux casuiste avec plus de force? La question du duel, sur laquelle tant d'esprits, qui se prétendent religieux, se font une déplorable illusion, est encore nettement tranchée |>ar Bourdaloue à l'encontre des décisions données par le théologien des Provinciales. Celui-ci affirme dans son relâchement que « si l'on se bat pour défendre son honneur, ou son bien en une quantité considérable, le duel n'est pas coupable^ ?). Or, voici la réponse de notre prédicateur : u Votre honneur, on vous l'a ôté,... vous voilà perdu d'estime et de crédit dans le monde et vous êtes d'une condition où celte tache doit vous être moins supportable que la mort môme. 11 ne vous reste qu'une seule voie pour l'elVacer, et cette voie est criminelle. On vous la propose et si vous ne la prenez pas, vous tombez dans le mépris... Aimez-vous assez Dieu pour lui faire un

1. Iletraitc spirituelle, deuxième mcilit.ilion. i. l-ettre septiéuie.

sacrifice de votre ressentiment? Si cela n'est pas, liemble/, vous n'êtes pas dans l'ordre de cette charité viviiiaiite qui opère 1(^ salut et dont Findispensable loi vous oblige à aimer Dieu i)lus que votre honneur K » Sur le prêt, au sujet duquel les Provinciales renferment des propositions si erronées, Bourdaloue n'est pas moins formel. « Le péché d'usure, condamné dans le paganisme, a trouvé de l'apjiui chez les chrétiens. La cupidité l'y a introduit, et, pour le justifier, elle l'a fait passer pour un secours de la charité et pour un soutien nécessaire au commerce public. De peur qu'il n'effrayât les âmes timorées et fidèles, elle a eu le soin de le déguiser en mille façons. C'était, si nous l'en voulons croire, une simplicité de nos ])ères d'estimer l'argent stérile de sa nature; elle a su le rendre fructueux-. » L'on sent à ce langage ce que Bourdaloue pense de tous ces habiles détours d'intention auxquels il suffit de recourir, d'après les conseils du faux moraliste, pour pouvoir se livrer à l'usure en sûreté de conscience et sans péché.

Enfin, il n'est pas une seule des licences pernicieuses prêtées aux Jésuites par Pascal que Bourdaloue ne démontre être des calomnies infâmes portées contre eux, en même temps que les négations les plus audacieuses de la saine morale. Révolté par le cynisme avec lequel le prétendu casuiste étale ces indignités et fiiit jjarade de ces principes dissol-

i. Sermon sur l'Amour de Dieu.

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