Sermon sur l'Hypocrisie
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la rendant douteuse, et tandis qu'on la méprisera, qu'on la soupçonnera, qu'on la ridiculisera, elle sera faible et impuissante contre lui. C'est ce qu'il y croit gagner en faisant de ses entretiens et de ses discours autant de satires de la fausse dévotion. Car, comme la vraie et la fausse dévotion ont je ne sais combien d'actions qui leur sont communes, comme lesdebors de l'une et de l'autre sont presque tous semblables, il est non seulement aisé, mais d'une suite presque nécessaire, que la même raillerie qui attaque l'une, intéresse l'autre, et que les traits dont on peint celle-ci défigurent celle-là ^ » On ne pouvait se faire illusion à ce langage; Bourdaloue, du baut de la chaire, comme Fa dit Sainte-Beuve, vengeait la piété outragée dans les comédies de Molière'.
Et, pour qu'il fût impossible de s'y méprendre, le prédicateur, dans les saintes indignations de son zèle, s'écriait: « Voilà ce qui est arrivé, lorsque des esprits profanes et bien éloignés de vouloir entrer dans les intérêts de Dieu, ont entrepris de censurer la piété, non point ])Our en réformer les abus, ce qui n'est pas de leur ressort, mais pour faire une espèce de diversion dont le libertinage j)iit profiter, en conce- ■vant et en faisant concevoir d'injustes soupçons de la vraie piété par de malignes représentations de la fausse. Voilà ce qu'ils ont prétendu, exposant sur le tliéàtre et à la risée publique un liyporrite imaginaire, ou même, si vous voulez, un hypocrite réel