‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 229 sur 347 · Porl-lioijal, t. 'M, p · texte numérisé non relu

Porl-lioijal, t. 'M, p

et tournant en sa pei'sonne les choses les plus saintes en ridicule, la crainte des jugements de Dieu , l'horreur du péché, les pratiques les plus louahles en ellesmêmes et les plus chrétiennes. Voilà ce qu'ils ont alfecté, mettant dans la houche de cet hypocrite des maximes de religion faiblement soutenues, en même tem])S qu'ils les supposaient fortement attaquées; lui faisant blâmer les scandales du siècle d'une manière extravagante; le représentant consciencieux jusqu'au scrupule sur des points moins importants, où toutefois il le faut être, pendant qu'il se portait d'ailleurs aux crimes les plus énormes; le montrant sous un visage de pénitent, qui ne servait qu'à couvrir ses infamies ; lui donnant, selon leur caprice, un caractère de piété la plus austère, ce semble, et la plus exemplaire, mais, dans le fond, la i)lus mercenaire et la plus lâche. Damnables inventions pour humilier les gens de bien, pour les rendre tous suspects, pour leur ôter la liberté de se déclarer en faveur de la vertu '. » Telles étaient la portée et la gravité que Bourdaloue attribuait aux comédies de Molière. Il voyait dans le Tartufe «une diversion dont le libertinage devait profiter pour jeter le discrédit et le soupçon sur la véritable piété ». Mais si le faux, comme l'a dit le cardinal de Retz, trompe quelquefois, il ne trompe pas longlem]»s quand il est relevé par d'habiles gens-. C'était le cas; les auditeurs de l'intrépide apôtre sentaient, en effet,

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