Henriette d'Ant/lelerre
BOURDALOUE .MOKALISTE, SES PORTRAITS Wi
au lendemain de lamoii derauguste princesse, était passé de la vie de cour à la vie de retraite. Il le représentait le jouet de son amour-propre, de son infatuation personnelle, et il lui disait qu'apiès avoir accom|)li son sacrifice et « s'être préservé de tout le reste, il ne savait pas se préserver de lui-même ». Bourdaloue montrait son inconséquence en ajoutant qu'il était de la race de « ces pharisiens ({ui pnHendent avoir le droit de mépriser le genre humain parce qu'ils ne trouvent que chez eux la sainteté et la perfection ». Dans le troisième point, le prédicateur ne paraissait pas s'adresser personnellement à lui et, sauf quelques allusions à un esprit caustique et railleur, rien ne pouvait être attribué à sa conduite ou à sa personne. Eh bien! après avoir entendu parler de ce sermon, M'"" de Sévigné n'hésite pas à écrire : « On dit qu'il s'est mis à dépeindre les gens et que l'autre jour il lit trois points de la retraite de Tréville, il n'y manquait que le nom, mais il n'en était pas besoin ^» Ce qui fait ajouter à Sainte-Beuve, après avoir donné l'analyse du discours : «On a maintenant, pour conclure, le commentaire du |)assage de M""' de Sévigné, et l'on voit comment Tréville fut dépeint et prêché j)ar Bourdaloue en trois points '. »
N'en déplaise cependant à l'illustre marquise et à notre grand critique, malgré tout ce que leurs témoignages ont de respectable et d'autorisé, nous trouvons que les allusions de Bourdaloue au sujet de