‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 240 sur 347 · l'anéfj'jrique de saint Frau{ois de Sales · texte numérisé non relu

l'anéfj'jrique de saint Frau{ois de Sales

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(lu trop relevé, qu'elle convenait à toutes les conditions ? o Et, îiprès avoir ainsi pris appui sur saint François de Sales « le grand maître de la vie spirituelle», il se recommandait encore de saint Jérôme « l'incomparable directeur des âmes ». Le solitaire de Bethléem lui aussi était son modèle, il le suivait, conduisant aux plus hauts sommets de la perfection les Romaines du patriciat, il le voyait, pendant quarante ans, former les Marcelle, les Paule, les Eustochium et en faire les plus idéales personnifications de la vertu et de la foi chrétiennes, en les pliant à tous les sacrifices. La fermeté du caractère de Jérôme s'accordait mieux avec la nature de Bourdaloue que la douceur du caractère de l'évêque de Genève ; par les affinités de son esprit et de son cœur, il tenait beaucoup plus de l'un que de l'autre. La direction de Bourdaloue se ressentait à la fois de la précision de ses idées et de l'énergie de son caractère. La douceur et l'onction ne lui étaient pourtant pas étrangères. Seulement les rigidités de sa raison et de sa logique semblaient en retenir et calmer les effusions et les élans. Quand on l'étudié avec attention, on est forcé de reconnaître que parfois le cœur parle chez lui aussi éloquemment que l'esprit. Cela est si vrai que certains, en le constatant, ont prétendu qu'il faisait oublier par sa morale dans la direction, l'austérité de ses principes dans la prédication. Bourdaloue n'avait qu'uu but, sauver les âmes; on le sent j)ris dans ses sermons d'une vive compassion pour les pécheurs, compassion même

qui, en d<'pit du reproche de sécheresse qu'on a riiabitude delui faire, était communiciitive. Or, s'il en était ainsi du haut de la chaire, que ne devait-il |)as en être à l'heure des entretiens confidentiels (it intimes de la direction? Et comment son âme n'aurait-elle pas alors fait passer plus aisément son émotion à ceux et à celles dont il recevait les aveux, les révélations et les secrets? L'émotion naissait en lui plutôt de la puissance de la vérité qui incline l'esprit que de la vivacité du sentiment qui agite le cœur. Cette émotion était réservée, discrète, contenue, elle n'avait ni soudaineté, ni véhémence, mais elle n'en pénétrait pas moins profondément les cœurs.

Le besoin de la direction n'était pas seulement ressenti au xvii^ siècle par les âmes vouées à Dieu, mais aussi par les personnes du monde et souvent par celles-mêmes du plus haut rang. On voyait dans la société la plus aristocratique, au sein même de la cour, des personnages en dignité et en charge demander au prêtre une ligne de direction et une règle de vie. Ils s'adressaient à un membre du clergé séculier ou régulier renommé par ses vertus et ses lumières et, après lui avoir révélé le fond de leur âme, ils recevaient de lui des conseils capables de les maintenir dans les devoirs de leur état et dans la voie sûre du salut. C'était un besoin auquel les courtisans eux-mêmes se soumettaient. Saint-Simon allait chaque année visiter l'abbé de Rancé à la Maison-Dieu et réclamer des avis et des instructions salutaires. Nous savons que le maréchal de Bellefonds

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avait Bossuet ])oiw directeur et que les ducs de Chevreuse et de Beauvilliers prenaient conseil de Fénelon ^ Boui'daloue lui aussi comptait des clients de haute marque et nous allons l'étudier dans son ministère auprès d'eux. Tant de personnes touchées de ses prédications et dont heaucoup étaient de la première distinction, dit le P. Bretonneau, s'adressèrent à lui et lui confièrent leur unie. 11 ('omi)rit que rien ne convenait mieux à un prédicateur que de cultiver, selon le langage de l'Ecriture, ce qu'il avait planté, et de perfectionner au tribunal de la pénitence ce qu'il n'avait qu'ébauché dans la chaire. « C'est pour cela qu'il se chargea d'une fonction aussi importante et aussi pénible que la direction des consciences. Plein de l'Evangile et jugeant de tout par les principes de la foi, solide dans ses conseils, juste dans ses décisions, droit et désintéressé dans ses vues, il n'était ni rigoureux à l'excès, ni trop indulgent; mais il était sao;e et d'une sasresse chrétienne, (l'est-à-dire qu'il savait distinguer les conditions et prescrire à chaque condition ses devoirs; qu'il était ferme sans égard ni à la qualitô ni au rang, (juand il fallait l'être, et toujours selon les règles de la discrétion; (piennemi des singularités, il voulait qu'on allât à Dieu avec sim|)licité et bonne foi par les voies communes et sans affectation; mais du reste avec une régularité exemplaire et une fidélité |)arfaite à leinplir toutes ses obligations % » Cepoi'trait de Bourdaloue, fait par

1. Fossiiet el Fénelon. Les Maîtres de la chaire eu France, par M. l'abbé Pauthe.

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