hislruclion à M"" de Maintenon, 30 octobre
IIOIRDALOUE DIKECIKLR DH CONSCIENCE 385
Dieu vous donne sur ce point; faites-vous un plan (le dévotion indépendant de tout; or il me semble que pour cela vous devez faire consister votre dévotion à accomplir la volonté de Dieu, dans l^Hat où Dieu vous met '. »
La lettre de Bourdaloue à M"'* de Mjiintenon au sujet des doctrines de M""- Guyon sur l'oraison, établissait ainsi les principes sur cette grave question. « La forme d'oraison que Jésus-Christ nous a prescrite est de faire plusieurs demandes particulières pour obtenir de lui, soit comme pécheurs, soit comme justes, les différentes grâces du salut dont nous avons besoin. L'oraison consiste, d'après les Saints Livres, à méditer sur la loi de Dieu, à nous exciter à la ferveur de son divin service, à nous imprimer une crainte respectueuse de ses jugements, à nous occuper du souvenir de sa miséricorde, à l'adorer, à l'invoquer, à le remercier, à repasser devant lui les années de notre vie dans l'amertume de notre âme, à examiner en sa présence nos obligations et nos devoirs ^ » Cette mtHhode, la vraie, était celle que le Sauveur avait lui-même donnée à ses disciples, et l'àme humaine ne peut mieux faire que de se conformer à ce que Jésus-Christ lui a appris dans VO^^aison Dominicale.
Bourdaloue ne s'était |)as seulement fait une des premières places dans l'éloquence de la chaire; par sa piété, sa doctrine et son expérience, il avait pris
1. Instruction en réponse aux observations de M"" de Maintcnon.