Ibid
gérée. Ils prétendaient même qu'il y avait on lui une certaine affectation à se distinguer des autres, qu'ils taxaient de fausse austérité et de singularité orgueilleuse. Insensible à ces critiques, Bourdaloue laissa dire etsuivitson chemin. Sans intérêt, sans curiosité, jamais réputation ne fut plus entière que la sienne. « Il ne discontinua pas de paraître dans les chaires de la cai)itale, dit Moréri, avec un éclat qui étonnait et que rien depuis n'a elfacé'. » Dé|)Ourvu d'ambition, il ne devait jamais se résigner, devant les faveurs de l'opinion, à passer pour un personnage. Humble religieux avant tout, il ne consentait ))as à devenir quelque chose malgré les offres flatteuses dont il était déjà l'objet'. Selon le propre des grands caractères et des nobles cœurs, Bourdaloue, en |)résence de ses contradicteurs et de ses envieux, se fit remarquer toujours par une largeur d'idées et une bonté naturelle peu communes. Entretenant un commerce ininterrompu avec les docteurs, les pro- ])hètes et les saints, il vivait sur les sommets, et il s'était assimilé quelque chose de l'élévation de leur génie et de rindulgence de leur àme.
On a prétendu que le prédicateur, au fond si riche en raison et en sens pratique, manquait d'imagination. Pour lui, en effet, une vérité clairement et pratiquement démontrée valait le plus brillant discours. Il dédaignait la couleur et l'image, il lui suffisait que la phrase s'énonçât nettement. Bourda-