Vanéijyrique de saint Louis
LE SYSTÈME « rOLITIQLE ET SOCIAL )> DE BOURDAI.OUE 409
proie de rarbilraire. Aussi, tout peuple qui renie Dieu esl ingouvernable, el, s'il ne revient à son aulorite, il péril fatalement dans les violenees de l'oppression ou sous les ruines de l'anarchie.
Bourdaloue, en ))roposant Dieu comme le principe du pouvoir souverain, voyait dans les rois une image de l'autorité divine. C'est sur ce modèle que doit se former le [)rince, il doit imiter et re])résenter Dieu lui-même. « De même, dit-il, que Dieu règne et gouverne par lui-même, il faut que le prince exerce, lui aussi, un absolu pouvoir. Délégué de Dieu, il porte en lui un conseil secret et ce conseil est sa conscience. Conseil qu'il consulte en toutes choses et auquel il rapporte tous les autres conseils : conseil d'État, conseil de guerre, conseil des finances, il écoute tout cela; mais de tout cela il en appelle à ce conseil intérieur où il dcdibère seul avec Dieu et où seul avec Dieu il décide ^ » Investi d'une autorité sans partage, le roi doit régner sans contrôle, parce que son autorité, dérivation légitime et naturelle de l'autorité divine, est pleine, absolue de sa nature. Il ne doit aucun compte des actes de son administration, ses sujets n'ont pas le droit à être consultés par lui. « Les souverains ont le droit de faire des lois, sans être obligés à dire pourquoi; leur volonté suffît pour autoriser les ordres qu'ils portent, sans que leurs sujets en puissent demander raison ^)) Bourdaloue n'admettait pas que l'on posîit des bornes au pouvoir