Panégi/rique de saint Louis, passim
2. Sermon sur la Sagesse et la douceur de lu loi chrétienne, passim.
royal, car pour lui, tout trône protégé était d'avance ébranlé et il sentait que lorsque le souverain subit un joug, sa royauté partagée et amoindrie s'humilie et chancelle. Mais, si les rois n'ont pas à rendre compte à leurs peuples, ils doivent rendre compte à Dieu. « Le gouvernement de Dieu, si admirable dans les dispositions de sa providence, doit être le modèle du gouvernement des rois. Le pouvoir humain a le devoir de régler son action d'après le mode employé par Dieu lui-même dans son gouvernement. » Un prince doit s'appliquer à conduire ses peuples avec les sollicitudes d'un père autant et plus qu'avec son autorité de maître, et il n'y parvient que lorsqu'il représente Dieu dans tous les actes de son administration. Dès 1661, Louis XIV avait comme personnifie'' le triomphe de la doctrine du droit divin en France, et Hourdaloue en trouvait chez lui l'inflexible et glorieux repr('sentant. Pour exercer cet empire, le [trince (existait, «préparé par son éducation, prédestiné |)ar sa nature, formé par son propi'e génie' ». Plus qu'en aucun de ses prédécesseurs, en lui le pouvoir monarchique absolu s'était fait homme et semblait s'être incarne'' dans sa personne.
Ce pouvoir royal absolu avait saboi'ne et son frein. « C'est la grande erreur du monde, dit Bourdaloue, de croire que l'élévation du rang, la dignité, le pouvoir sont autant de droits acquis pour le repos et la douceur de la vie des princes... Ou'esl-ce que celle
1. L'i'ducation politique de Louis XIV, par G. Lacour-Gayet, charfitde conférences dhistoiro à l'Université de Paris, Faculté des Lettres.