LE SYSTÈME «POLITIQUE ET SOCIAL» DE BOL'RDALOUE
dignité, sinon une spécieuse servitude? Elle oblige un homme, sous peine de damnation, de s'intéresser pour tout un ])euple, comme tout un peuple est obligé de s'intéresser pour lui; or il est infiniment plus onéreux à un seul de trcavailler pour tous, qu'à tous de travailler pour un seuP. » On comprend, après cela, sa doctrine sur le pouvoir des rois. De même que Dieu ne partage pas son empire et tient seul le sceptre, de même le pouvoir humain doit être confié à un seul, « l'autorité gagne à rester pleine et entière et à ne pas être divisée ». En etîet, le morcellement l'affaiblit et la diminue. Que serait la famille, si le pouvoir du père y était partagé? Seul, au foyer, le père a l'autorité et il la garde, il ne la divise pas, il ne l'abdique même pas en faveur de l'épouse et de la mère, car c'est son autorité unique et respectée qui fait la puissance et la prospérité de sa maison. Bourdaloue n'admet pas qu'il puisse en être aulrementdans l'État.» Un royaume estlaréunion de toutes les familles d'un pays, il faut un chef à sa tête et l'autorité n'est entière que lorsque cette grande famille, qui est tout un peuple, est dans les mains d'un seul. » Telles étaient les idées de Bourdaloue en politique, il jugeait que le pouvoir monarchique absolu convenait seul à l'exercice de l'autorité, et c'est ce qui faisait que la vraie base du pouvoir royal n'était, à ses yeux, que le droit divin. Ces princi|)es, qui aujourd'hui sont devenus odieux aux