Panégyrique de saint Lauis
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grand dans la prospérité, il a été grand dans l'adversité, il a été grand dans le gouvernement, grand dans sa conduite avec les étrangers, grand dans Festime de ses ennemis mêmes... Jamais, depuis rétablissement de la monarchie, la France n'avait été si florissante, si abondante, si opulente ; jamais on n'avait vu les sciences aussi bien cultivées, les lois aussi bien observées, les charges exercées aussi dignement et avec autant d'honneur, jamais le commerce établi aussi sûrement et avec autant de tranquillité. En un mot, jamais le nom français ne s'était trouvé dans un si haut crédit... Jamais roi n'eut des sujets plus souples, ni ne fut mieux obéi : pourquoi? parce •que jamais roi n'eut dans un plus haut degré toutes les vertus qui font estimer et respecter les souverains et qui leur gagnent les cœurs des peuples. Aussi dans quelle estime était-il? Non seulement parmi ses sujets, mais chez les étrangers? C'était dans le monde chrétien le pacificateur, le médiateur de tous les différends qui naissaient entre têtes couronnées : honneur qui lui était déféré par un libi'e consentement de tous les princes ses voisins, de sorte qu'ils avaient tous recours à lui, comme à un arbitre suprême, dont les jugements étaient pour eux autant d'oracles et d'arrêts définitifs ^ » Quelle grandeur dans cet idéal et comme Bourdaloue en révèle toute la beauté dans ce dernier trait : « Vn roi doit paraître ainsi toujours aux yeux de son peuple la vivante image de Dieu ! »
\. l'anéf/i/fiqiie de sahil Louis.
LK SYSTÈME « POLITIQUI'] KT SOCIAL» DE liOLRDALOL'E 419
Enfin le sage politique proposait à Louis XIV d'atteindre à ce qui constitue la perfection de la royauté chrétienne, à Taustérité envers lui-même. a Cette austérité, dit-il, ne doit pas être considérée, chez les rois, comme une simple vertu, mais comme un miracle de la grâce. Le Fils de Dieu disait aux Juifs en leur parlant de Jean-Baptiste : Qu'êtes-vous allés chercher dans le désert? Un homme vêtu avec mollesse? C'est dans le palais des rois qu'on trouve ceu\ qui s'habillent de la sorte. J'entre à la cour de saint Louis; et bien loin d'y trouver un homme mollement vêtu, j'y trouve un roi qui, pour se préserver de la corruption des plaisirs, châtie son corps et qui efface par de rigoureuses mortifications les plus légères taches de son âme;... juge sévère de lui-même, parce qu'il n'est soumis au jugement de personne. Voilà ce que je trouve, non dans le désert, mais dans la cour d'un roi. Un roi humble, un roi mortifié, un roi pénitent, tout saint qu'il est d'ailleurs... Comme un autre Salomon, il règle sa maison et sa cour, en bannit le vice, n'y souffre ni scandale ni impiété, en fait une école de vertu et y maintient un ordre parfait'... »
Alors un roi assure la tranquillité et la paix de son royaume, il la maintient par sa prudence, par son crédit, par la confiance qu'on a en lui, par la déférence de ses ministres, et il est comme l'ange tutélaire de son peuple, u Homme supérieur aux autres