Panégyrique de saint Louis
hommes, ses vues ne vont qu'au bien; il ne se recherche point hii-mème, il n'entre dans les affaires que pour les fixer, dans les mouvements de division et de discorde que pour les calmer, dans les intrigues et les cabales de sa cour que pour les dissiper; homme supérieur aux autres hommes, pour qui les partis contraires sont sans éloignement ni défiance, convaincus qu'ils sont que toute son ambition est d'être leur pacificateur et qui, sans être aux uns et aux autres, ne laisse pas d'être à tous, voulant le bien de tous, à qui enfin l'État est plus cher que sa propre vie et qui sacrifierait tout pour le sauvera » Les idées de Bourdaloue sur le pouvoir absolu des rois et les devoirs de leur gouvernement sont en tout semblables à celles de Bossuet, on les croirait empruntées par lui à la Politique d'après l'Ecriture. Elles ne différaient guère non plus de celles de Fénelon formulées dans les Plans de Gouvernement dédiés au duc de Bourgogne et duns la Lettre anonyme adressée à Louis XIV. Mais Bourdaloue était un esprit trop prudent et trop positif pour admettre l'innocente utopie du royaume de Saleute et les rêveries chimériques de l'archevêque de Cambrai.
La politique du célèbre jésuite avait pour assises les principes saints de la foi chrétienne qui font la base de l'édifice social et qui sont la source de la vie vraie des hommes et de la vie vraie des Etats. Son système de gouvernement était plein de respect
1. Panégyrique de saint Louis et Oraison funèbre de Henri 11 de Bourbon.