Première Exhortation sur la Charité envers les pauvres
LE SYSTÈME « POLITIQUE ET SOCIAL » DE nOLRDALOUE 439
temps de s'exj>liqiier et les écouter avec attenlion; ne |)as vous contenter de ce qu'ils vous disent ou de ce qu'on vous en dit, mais vous transporter sur les lieux, vous rendre témoins des choses, voir comme ils sont logés, comme ils sont couchés, comme ils sont vêtus, de quel |)ain ils usent et à quelle disette ils sont continuellement exposés... De cette vue, en elTet, Mesdames, de tant d'objets de douleur et de compassion, vous apprendrez à vous occuper moins de vos personnes et à rechercher moins les i)laisirs (lu siècle. Il est impossible d'avoir devant les yeux de pareils speclacles, et de ne penser qu'à se bien traiter, qu'à se divertir et à se réjouir. Il faudrait avoir pour cela éteint dans son cœur tout sentiment de religion, et tout sentiment d'humanité*. » Est-il possible, s'écrie-t-il, dans sa seconde ExhoyHaiion en faveur des pauvres, qu'il y ait des âmes de cette trempe? « des âmes dures comme des pierres, des âmes insensibles et que ri in ne peut émouvoir, des âmes sans pitié, sans humanité! »
Enfin dans le Set-monsur les Richesses^ Bourdaloue pose les mêmes principes: l'aumône est toujours la dette sacrée à laquelle ont droit les pauvres et qu'on est tenu de payer, dès ce monde, si on ne veut pas encourir les effets de la vengeance divine et la damnation. « Hommes du siècle, s'écrie-t-il, voulezvous être justes?Comprenez l'obligation de l'aumône. Comprenez que plus vous aurez, plus vous serez