Lundis
BOLRDALOUE, l'hOMME ET LE PRÊTRE 447
sur le bel ensemble de ses qiialilés, le rendait même plus attractif, et elle lui demeura jusqu'en ses dernières années comme une flamme de jeunesse qui attisait de son pétillement l'intérêt de sa conversation et le piquant de ses réparties. Contenue par un rare bon sens, relevée par un esprit original et tout personnel, adoucie par une réelle bonté de cœur, cette vivacité de caractère ainsi réglée faisait que Bourdaloue était recherché et goûté des meilleures compagnies. ToutàTheure nous le verrons à Bàville, chez les Lamoignon, et qui pourra Faccuser alors de manquer de douceur dans les réponses qu'il fera à Boileau le satirique? Quand celui-ci décochait ses traits sur les Jésuites, fallait-il que le prédicateur ne lui répondît pas avec sa verve et une certaine causticité? Dans ces joutes où l'esprit des deux champions faisait assaut d'inspiration et de prestesse, il se peut qu'il y eût des mots vifs et mordants, mais pour la justification du prédicateur, on ne doit pas oublier que Despréaux était fort agressif et que s'il se déclarait « le copiste et l'écolier de Bourdaloue'», il était son maître en cela et méritait bien la réputation faite aux ])oètes : Genus irascibile vatum ! Nous disons donc du prédicateur avec un de ses contemporains : <( S'il était vif, il était d'un si doux commerce et si plein d'agréments que l'on demeurait toujours avide et jamais rassasié de l'entendre-. » La Maison professe de la rue Saint-Antoine, au