‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 297 sur 347 · Épigrammes, pièce XLUl · texte numérisé non relu

Épigrammes, pièce XLUl

BOLRDALOUE, l'hOMME ET LE PRÊTRE 467

des sentiments des deux grands hommes. On sentit alors à Bàvilleque les quelques saillies de langage et les quelques vivacités de caractère qui leur étaient échappées n'avaient jamais ébranlé leur franche et solide afTection. Les relations de Bourdaloue avec les Lamoignon durèrent jusqu'à sa mort. Lui disparu, Bàville perdit de son charme et de son animalion ; le maître de l'hospitalière maison ne survécut que de trois ans au prédicateur, il mourut en 1700 dans les sentiments de la piété la plus fervente.

Nul, mieux que Boileau, n'apprécia l'amitié de Bourdaloue. En bien des circonstances, le religieux témoigna au laïque qu'il n'admettait pas que des divergences d'opinion pussent affaiblir et détendre les liens qui les unissaient. Le poète rendait à son tour hommage à ces sentiments quand il écrivait à Brossette : « J'ai connu chez les Jésuites d'illustres amis entre autres : le P. de La Chaize et surtout le P. Bourdaloue ^ » Jamais, dans le feu des discussions, Bourdaloue ne se départait du sérieux qui convenait à un prêtre. Mais il savait en riant et en faisant rire les autres ne pas se faire trop esclave de la maxime de Retz : o 11 faut s'appliquer avec soin dans les petites affaires autant que dans les grandes à se défendre du goût que l'on trouve à la plaisanterie -». En dépit de toute sa gravité, il aimait à plaisanter, mais sans dépasser jamais la mesure.

L'amitié de Bourdaloue pour Boileau se justifiait

Page 1