‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 299 sur 347 · p. Laurus, l. I, p · texte numérisé non relu

p. Laurus, l. I, p

BOtRDALOUE

tort comme une épigramme contre la Compagnie. Bourdaloiie, avec une bonhomie non exempte de finesse, lui répondit qu'il avait fait « comme le sacristain qui change de parements selon la fête », mais que, néanmoins, il travaillerait à le justifier, l'assurant que le P. de La Rue était déjà tout converti et qu'il irait lui-même au premier jour au collège Louis-le-Grand convertir les autres ^ Une lettre du i)acificateur, datée du 10 janvier 1696, portait : « Soyez en repos : le rancunier (le P. de La Rue) est déjtà converti, et c'est lui-même qui me charge de vous en assurer. Vos vers lui ont paiu très beaux et ils le sont en effet. Il n'y a point de rancune qui puisse tenir contre la poésie, j'entends contre la vôtre. »

Ainsi, grâce au puissant médiateur, la paix semblait rétablie, quand soudain reprirent les hostilités, l'ne pièce intitulée Saniolhis jifpnitens^ à propos de l'éloge d'Arnauld, ranima le différend, et, comme elle s'attaquait encore aux Jésuites, le P. Commire y répondit avec indignation. Fidèle à son rôle, Bourdaloue écrivit à Santeul vivement pris à partie : « Vous n'êtes nullement disgracié, Monsieur. Et ce serait bien tant pis pour moi si cela était. C'est à moi de rechercher et de cultiver vos bonnes grâces... Ne prenez pas cela pour un compliment. Ce sont les vrais sentiments de mon cœur '-'. » Et afin de dissiper ses préventions, le prédicateur engageait

Page 1