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qu'agréables entretenues par Bourdaloue avec la meilleure société de son temps. Ces rapports sont comme autant de cliauds rayons qui éclairent sa vie austère et toute consacrée aux devoirs du ministère le plus fécond et le mieux compris.
Mais si Bourdaloue dans ses ra|)ports avec la plus haute société savait se montrer homme d'esprit et de bonne compagnie, il excellait surtout, et ce fut là son plus grand mérite, à se montrer prêtre. Flatteusement connu pour son tact et sa délicatesse, universellement admiré pour la sûreté de sa doctrine, la sagesse de sa direction et Téminence de ses vertus, il était devenu l'objet d'un incessant recours. Dans les circonstances difficiles et douloureuses c'était à lui qu'on s'adressait. Le malheur frappait-il une famille? on l'appelait comme un ami compatissant et dévoué ; il était si accessible à l'infortune et il cicatrisait si bien les blessures les plus profondes! Que de foyers où il entra en triste messager de douleur et de deuil et d'où il sortit béni et aimé comme un ange de consolation. Bourdaloue enveloppait et réchauffait les malheureux dans la bonté communicative de son àme. 11 nous faut assister à une scène qui revêt le caractère d'un vrai drame, c'est la ])énible mission qu'il eut à remplir à la mort du duc de Guiche. M'"^ de Sévigné la raconte ainsi : « Le P. Bourdaloue fut chargé d'annoncer cette épouvantable nouvelle au maréchal de Gramont, qui s'en douta, sachant l'extrémité de son fils. Le maréchal fit sortir tout le monde de sa chambre, il
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était dans un |)elit appartement qu'il avait en dehors des Capucines : quand il fut seul avec le Père, il se jeta à son cou, disant quil devinait bien ce qu'il avait à lui dire; que c'était le coup de sa mort, qu'il le recevait de la main de Dieu ; qu'il perdait le seul et véritable objet de sa tendresse et de toute son inclination naturelle; que jamais il n'avait eu de sensible joie ou de violente douleur que par ce fils qui avait fait des choses admirables; il se jeta sur un lit n'en pouvant plus, mais sans pleurer, car on ne pleure pas dans cet état. Le Père |)leurait et n'avait encore rien dit, enfin il lui parla de Dieu comme vous savez qu'il en parle : ils furent six heures ensemble; puis le Père, pourlui faire faire son sacrifice entier, le mena à l'église de ces bonnes Capucines où l'on disait les Vigiles pour ce cher fils ^ » Le duc de Guiche était mort k l'armée de Turenne, il avait donné le premier le signal du ])assage du Rhin, queiques mois seulement avant. L'annonce de son trépas faite à son père par Bourdaloue nous rappelle l'annonce de la mort du comte de Vermandois, au siège de Courtrai, faite par Bossuet à M™^ de La Vallière. La fin des deux jeunes héros, immortalisée par la plume de M""' de Sévigné, était digne d'être pleurée par Bossuet et par Bourdaloue, Cet empire sur les plus hauts personnages de son temps prouve la vérité du mot de Moréri : « Il conserva sur les grands une espèce d'empire jusqu'à sa moi't-. »