‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 312 sur 347 · Lettre ;i M°" de Luynes, 4 août · texte numérisé non relu

Lettre ;i M°" de Luynes, 4 août

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papiers impatiemment attendus? Ce double message accompli, l'évêque répond à M""" de Luynes qu'il a reçu les cahiers envoyés par elle des mains de Bourdaloue^; on est en droit de supposer encore que lorsque le prédicateur allait ainsi de Meaux à Jouarre et y passait quelques jours, c'était sans doute pour y remplir un ministère et y parler comme le représentant et l'interprète des idées et des vues de Bossuet. Bourdaloue était alors comme le délégué de l'évêque et il distribuait au pieux troupeau, dont il avait la charge passagère, les lumières, les conseils et les encouragements de sa parole. Les rapports de Bossuet et de Bourdaloue dont on peut suivre ainsi les traces occupèrent les dix dernières années de leur vie. L'abbé Le Dieu les constate dans ^on Journal aux dates du 19 mai 1701 et du 22 octobre 1702. Les deux plus grands orateurs sacrés du xvii" siècle ne furent donc rien moins que des antagonistes; ils s'apprécièrent réciproquement et vécurent en amis. Fidèles l'un à l'autre, ayant les mêmes idées en philosophie, en théologie, en morale, en histoire, en politique, ils défendaient les grands principes, ils ne différaient que dans la manière de traduire et d'exprimer leurs pensées et leurs sentiments. Bossuet était l'esprit aux conceptions créatrices, aux imaginations grandioses, aux accents sublimes; Bourdaloue était le logicien au raisonnement impeccable, au style clair, au bon sens consommé et l'on com-

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