Mémoires du marquifi de !>ourc/tes
2. Le roi lui avait assuré une pension anuelle de 1:1.000 livres.
envoyé de Dieu pour clore le grand siècle. Il parut pourla première fois à Versaillesle 1 "novembre 1699. Sa parole élégante et harmonieuse devait ajouter des rayons nouveaux à l'éloquence des Bossuet, des Fénelon, des Bourdaloue et, en l'entendant à l'heure où ce dernier descendait de chaire, on pouvait dire avec Corneille :
Un fjr and destin commence^ un grand destin s'achève !
Massillon conquiten effet, du coup, les suffrages que la cour avait si légitimement accordés à Bourdaloue de 1670 à 1697. Dans son ravissement pour sa parole, l'opinion déclara que « Bossuet avait trouvé un héritier et Bourdaloue un rival». Le xviif siècle allait renchérir encore, mais, en élevant dans son admiration moins religieuse, moins littéraire et moins juste, Massillon au-dessus de Bourdaloue et de Bossuet lui-même, son appréciation manqua de mesure et d'équité. Pris d'engouement, Voltaire se faisait lire à table le Petit Carême, dont il jugeait les sermons l'un des plus « agréables ouvrages ' » de notre langue et que Lemontey appelait un « chef-d'œuvre tombé du ciel comme le Télèmaque ->•> . Au siècle suivant, Sainte-Beuve devait placer Massillon entre Bossuet et Bourdaloue. D'après lui c'était « la plus cicéronienne des grandes voix du règne de Louis XIV ». Son jugement serait acceptable de tous points