‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 319 sur 347 · Lettre à d'Argentd · texte numérisé non relu

Lettre à d'Argentd

boirdai.ouf:, i.'ii(t:MMi: et li: pri^trf. 493

n'étaient les insinuations malveillantes et non jiistitîées faites par lui sur la vie de Massillon, insinuations au sujet desquelles il serait facile de démontrer que Sainte-Beuve n'a pas été plus consciencieux à son égard qu'à l'égard de Chateaubriand comme vient de le |)rouver d'une manière irréfutable M. Tabhé Bertrin dans sa thèse à la Sorbonne'. Déjàde Pontmartin et M. de Loménie avaient sur ce point disqualifié le fameux critique % aujourd'hui M . l'abbé Bertrin vient de le convaincre de faux. Sainte-Beuve n'aurait inventé rien moins qu'un passage, attribué par lui aux Mémoires d'Outre-to/nbe, pour dénaturer les intentions de l'auteur de V Itinéraire quand il entreprit son voyage à Jérusalem. Sa félonie envers Massillon ne serait pas moins douteuse que le faux commis envers Chateaubriand. Il n'est point d'excuse à de pareilles sophistications, seul l'abaissement des mœurs de Sainte-Beuve les explique.

Comme aux plus glorieuses dates de sa vie, Bourdaloue était alors en rapports avec les membres les plus distingués du haut clergé. Sa piété, sa discrétion, sa franchise, la sûreté de ses conseils, l'élévation de ses vues faisaient de plus en plus apprécier les avantages de son commerce. Il vivait en ces dernières années dans l'intimité de Huet, l'ancien évêque d'Avranches, et le ])rélat lui payait ce tribut de louanges : « Ce grand prédicateur est l'homme qui m'est le plus cher, soit à cause de son extrême

1. La Sincérité religieuse de Chateaubriand. Paris, Lecotîre, in-8".

Page 1