Bretonneau, Préface
BOIRDALOUR, i/hOMME ET LE PRÊTRE 503
n'était ralenti ni par raffaiblissement de sa santé ni par le poids de Tàgc;. 11 ap|)ortait à ses prédications les mômes soins et il semblait redoubler d'ardeur à mesure qu'il voyait le terme s'avancer. Souvent, dans cette dernière période, sa parole prenait comme des accents prophétiques, elle semblait avoir les illuminations que donne aux saints l'approche de Téternité. Depuis 1699, le célèbre prédicateur n'accei)tait plus de stations. Il ne parut qu'une fois, durant le Carême de cette année, le troisième dimanche, dans la chapelle des Nouvelles catholiques . 11 prêchait des sermons détachés aux Enfants Rouges, aux Récollettes, h la Merci^ kSaint-Etienne-du-Mont. En 1703, Bourdaloue aurait cependant consenti à donner une série de sermons, les Dominicales, au Sang-Pï'êcieux de la rue de Vaugirard; une lettre écrite par lui à un Père de Trêves et dans laquelle il s'excuse de ne lui répondre que le lundi de Pâques à cause du travail de sa station*, le ferait supposer. Le P. Lauras mentionne un sermon prononcé par lui le 25 mars de cette année, le jour de l'Annonciation^; entin, vers le milieu de 1704, quelques jours à peine avant sa mort, il prêcha sur la Vie religieuse, ce fut son dernier discours, comme s'il eût voulu consacrer les accents de sa voix mourante à glorifier sa vocation. Cette puissance de parole et ce zèle infatigable, Bourdaloue les puisait à la source divine où se forme et se trempe le caractère de l'apôtre évangélique et,