Panéfiyrique de saint Paul
îiOô BOURDALOUE
à la société violente sortie du xvi" siècle » et contribué à en faire « la société polie, disciplinée, hiérarchisée» du siècle de Louis XIV. Son éloquence avait puissamment aidé à cette merveilleuse transformation. Mieux que son père, il pouvait être qualifié par ses contemporains vir eloquentissimus ^ ; sa parole exerça, en effet, sur son pays et sur son temps l'influence la plus féconde.
Comme les hommes de forte trempe qui ne succombent qu'en plein labeur, Bourdaloue, dont Tâme ardente ne s'était pas engourdie dans le refroidissement de l'âge, était frappé sur la brèche, les armes à la main et alors que sa vaillance inspirait autour de lui confiance et espoir. La vie manqua soudain à celui qui n'avait jamais compté sur elle. L'athlète, dont l'énergie était un étonnement pour tous, fut terrassé en un rien de temps. Hier, c'était l'action sans repos ni trêve, le corps subissait l'empire d'une volonté puissante et cependant le mal, dès sa première atteinte, emportait la victime sans pitié. Sans doute il fallut un coup terrible pour l'abattre, mais la mort, comme la foudre, a des éclats pour jeter à terre les puissants et les forts. Ainsi disparut de la scène celui dont le rôle avait été si grand ! Le mot de Saint-Simon, le seul qu'il ait écrit sur lui, aurait pu servir d'épitaphe à Bourdaloue : Il fut aussidroit dans sa vie que dans sa doctrine-.
Les nombreuses et honoi'ables sympathies recueil-