‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 328 sur 347 · Mémoires · texte numérisé non relu

Mémoires

BouRDAi.orr, i.'hommf: et li: prêtre 507

lies tout le long de sa brillante carrière lui furent fidèles, les contemporains vourrent un culte à sa mémoire. Le vide fait j3ar lui dans la société chrétienne dont il était le guide et l'oracle fut si grand que le P. de La Rue, appelé à lui succéder dans la direction des consciences, ne consentit à en accepter la charge qu'à la prière du cardinal de Xoailles, que sur les conseils du P. de La Chaize et qu'aux pressantes sollicitations des personnes les plus distinguées de la ville et de la cour. Chrétien-François de Lamoignon dans un langage qui tenait par l'élévation et la finesse de La Bruyère et de Fénelon, paya à Bourdaloue un juste tribut de respect, d'admiration et de reconnaissance, il célébra l'homme et l'ami, le religieux et l'orateur*. Jeune encore, le délicat panégyriste ne se doutait pas qu'il devait rejoindre, après un court sursis, celui qu'il pleurait avec des larmes si sincères.

Par une singularité frappante, la mort de Bourdaloue suivit de près celle de Bossuet. L'aigle de Meaux s'était envolé vers Dieu un mois à peine avant lui. Ainsi disparaissaient à la distance de quelques jours les deux grands orateurs du siècle de Louis XIV. Des géniales figures dépassant de la hauteur de la tête la foule des prédicateurs leurs contemporains, on n'apercevait plus que celle de Massillon se dessinant avec grâce dans sa jeune renommée et qui si différente fùt-elle de celle de ses devanciers, reflétait

Page 1