‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 33 sur 347 · Lucrèce, de Satura rerum · texte numérisé non relu

Lucrèce, de Satura rerum

OtVKRTlRr: DE SA PRÉDICATION 47

Paris, il devenait le piôdicateur allilié et éroiilé de Louis XIV et de la cour. S'il se jugeait téméraire en ncceptant cette mission, l'opinion, qui ne partageait ni ses scrupules, ni ses craintes, l'estimait aj)te à la rem|)lir. Dans sou humilité, Bourdaloue ne pouvait se croire appelé à succéder à Bossuet et à h- rem- ])lacer dans la chapelle des Tuileries; il trouvait ]>résomptueux d'oser même l'essayer. Mais les hauts personnages qui l'avaient entendu dans Fé-glise Saint-Louis lui avaient reconnu un réel talent, et, à leur demande, le roi l'aviiit engagé pour prêcher devant lui l'Avent de 1670 •. Le choix était bon. Bourdaloue devait dignement occuper la chaire royale ; ne venait-il pas de débuter brillamment dans l'église de la Maison professe, et ne l'avait-il pas fait, au dire de Sainte-Beuve, en « orateur consommé »? Dans son livre sur rOrateur, Cicéron juge que c'est un grand honneur, quand on n'atteint pas au premier rang, de mériter le second-. Nous allons voir si le nouveau prédicateur, avec sa parole simple et solide, était vraiment à sa place dans l'auguste milieu, ou s'il devait demeurer dans l'ombre. Nous le savons, tout, dans sa personne, militait en faveur de Bourdaloue. L'union heureuse des dons extérieurs avec la noblesse du caractère et l'élévation de l'esprit ne pouvait que contribuer puissamment à ses succès. Bourdaloue parlait avec netteté, avec énergie et avec foi. Sa prédication consistait tou-

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