Prima sequenlern hojiestiim est ni secuiulis consistere
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jours dans Texplicalion raisonnée et pratique de la vérité qu'il ex])osait. (1 ne procédait pas autrement. C'était une suite de pensées, une longue chaîne de syllogismes, liant et enserrant dans des nœuds fortement rattachés les uns aux autres chaque fil et toute la trame de son discours. Il usait sans cesse de dialectique, d'induction, de déduction, d'énumération. Dans chacun de ses sermons, il explique, il distingue, il compare; on sent quil ne peut pas parler différemment. Il puise dans les œuvres immortelles des Pères de l'Eglise des témoignages et des preuves. Il a une clarté d'exposition qui lui est toute personnelle. D'Aguesseau vante la beauté de ses plans, l'ordre et la distribution de ses discours, sa clarté et sa simplicité. C'est le maître, le docteur qui raisonne, qui argumente, qui prouve, qui s'emploie tout entier à cela et qui ne songe pas à plaire, tant il s'efforce de faire la lumière dans l'espi'it de ses auditeurs. Bourdaloue est, par-dessus tout, un apôtre, il s'élève contre « les erreurs, les fautes des ]»écheurs et leurs offenses contre Dieu ^ », et son éloquence produit des conversions.
On l'a dit justement : le style, c'est l'homme, et cette vérité est aussi aiiplicable à la parole parlée qu'à la parole écrite. Le célèbre jésuite s'incarne tout entier dans son genre. Son genre est solide et ramassé ; il se dégage, en effet, de ses sermons une impression de force et de Aérité. On sent que ce
i. Sermons, passim.
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qu'il (lit, il le pense et qu'il veut qu'on le pense comme lui. Sans aucun souci de plaire ou de déplaire, son unique dt'sir. sa plus clièie ambition est d'affirmer la vérité et de la faire accepter. Jamais il ne cherche à s'attirer des sympathies, jamais il n'use de formes flatteuses, sa parole, à l'enveloppe un peu rugueuse, est toujours indi'pcndante, et il a le courage de flétrir les mœurs désordonnées de Louis XIV et de la cour. On l'écoutait néanmoins avec une attention plus que soutenue, on pourrait dire fervente, et ceux mêmes dont il condamnait la conduite s'inclinaient aux accents de sa sincérité •. 11 savait ce qu'il fallait dire à ses contemporains, il traduisait des idées et des sentiments qui étaient en puissance chez eux, et il révélait ainsi ses auditeurs à eux-mêmes. Cela valait mieux que la plus belle rhétorique, parce que c'était juste, simple et vrai. Les idées sont les grandes forces qui gouvernent les hommes, et elles deviennent toutes puissantes sur les âmes quand elles sont exprimées par un apôtre. Bourdaloue ne parlait pas aux assemblées avec le verbe sublime de Bossuet, il ne les ravissait pas avec l'atticisme de Fénelon, il ne les berçait |)as de |>ériodes harmonieuses comme devait le faire Massillon, il se posait simplement devant elles, et il les instruisait, les interrogeait, les sondait, les jugeait, leur révélant toujours le secret de leurs misères et le néant de leurs passions.
Ses sermons sont des modèles. Le |>rédiealeur