M"' de Sévigné. Lettres, passim
BOtKDALOCK. 4
bO BOLRDALOLE
excelle à choisir ses sujets, il s'inspire avant tout de l'Evangile et de l'état d'àme de ses auditeurs. Les questions qu'il traite sont présentées, moins sous des côtés neufs et brillants que sous leurs côtés vrais et pratiques. 11 divise et partage sa matière en divers points qui se condensent dans une parfaite unité et qui, en faisant saillir l'idée maîtresse, dévoilent l'économie générale de son sujet. Quant aux preuves, il les prend à leur source, dans l'essence même de la nature humaine et de la religion. Chez lui, point d'amplifications superflues, point de digressions inutiles. Si l'orateur ancien se proposaitd'instruire, de plaire et d'émouvoir, « Bourdaloue, dit Sainte- Beuve, ne songe qu'à la première de ces choses^ ». Son but, en effet, est d'éclairer, d'instruire, de convaincre, et il s'applique à dissiper les obscurités, les doutes, les ignorances, les faux prétextes. Alors sa l)arole s'anime, et il trace d'une touche nette et profonde ces peintures de mœurs si admirées, où il représente avec une fidélité si vraie les divers caractères des indifférents et des mondains, des impies et des libertins, ne mettant avec sobriété, sur ces tal)leaux, que des traits et des tons pris sur la nature ellemême et qui reproduisent l'humanité avec ses faiblesses, ses vanités et ses erreurs. De là des conclusions pratiques qui s'imposent, parce qu'elles sont la conséquence absolue des principes posés. Mais, avant lout, Bourdahjue prêche Th^vangile, il cherche