Les Orateurs sacrés
4. Uourdaloue, sa vie el ses œuvres. — Études sur Hourdaloue avef quelques documents inédits.
a. La liste des prédicateurs s'imprimait chaiiue année aux époques du Carême et de lAvent. Les marchands la criaient et vendaient dans
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Mallieiiroijsomenl nul (roiilie oiix n'a pu fixer dans le détail quels i'iii'cnl les sermons jn'êchés telle année et tel jour, et, sur ces points importants, les commentateurs, à part quelques données précises mais trop rares contenues dans les lettres de M""' de Sévigné et les mémoires du temps, n'ont \m se livrer le |)lus souvent qu'à des h\])othèses. Seul, avec tous les moyens d'information dont il disposait, le P. Brelonneau aurait pu élucider, régler, ti'anclier ces questions, il lui était aisé, ayant le lit conducteur en main, d'empêcher la critique de s'égarer dans un dédale et de lui éviter des recherches toujours difficiles, souvent impuissantes et rarement heureuses. Ne pouvait-il pas |)enser que la post(''rité aurait à résoudre ces problèmes et que, comme il ne dissipait ])as ces incertitudes, ne comblait pas ces lacunes et ne fixait pas ces points obscurs, elle l'accuserait de n'avoir- fait qu'un classement fantaisiste, dé|)ourvu de toute indication essentielle, et sans aucun ordre historique et chronologique?
L'éditeur des œuvres de Bourdaloue ne l'ignorait pas, le prédicateur avait prêché sept Avents et cinq (Carêmes à la cour. In pareil champ de prédication ne manquait certes pas d'étendue. Est-ce qu'il
les rues. Paris comptait près de deux cents églises et chapelles où se donnaient des stations [Mémoires de l'abbé Le Gendre, chanoine de Notre-Dame, secrétaire de M^' de Harlay, archevêque de Paris). Après la cour, les principales étaient Notre-Dame, Saint-Paul, Saint-Eustache, Saint-Louis, Saint-Sulpice, Saint-André-des-Arts, etc., où aftluait le monde des quartiers aristocratiques, puis Saint-Jacques-de-l;i-Boucherie, Saint-Barthélémy, Saint-NIcolas-des-Chanips. Saint-Séverin, Saint- Jean-en-Grève. fréquentées surtout par le peuple et la bourgeoisie.
n'était pas troj) vaste pour être renfermé dans le cadre si restreint de deux Avents et d'un seul Carême? Raisonnablement, on ne pouvait faire entrer tant de sermons dans le programme rétréci des trois stations. D'autre ])art, il est incontestable que le nombre des discours énoncés dans la distribution faite par le P. Bretonneau était plus qu'insuffisant pour remplir les douze stations de Bourdaloue à la cour. 11 n'y entre, en effet, que quarante-se]>t sermons, trente-cinq [)our le Carême et douze pour les deux Avents, or ces chiffres sont loin de ro|)résenter tous les sermons qui furent prêches devant le roi. En admettant même que le ])r(''dicateur se répétât souvent, il est im|)Ossible qu'un si ])etit nombre de sermons eût pu suffire à rem|)lir sa longue carrière oratoire à la cour, et cela ferait supposer, si on prétendait qu'il en est ainsi, que beaucoup ont été perdus. A. Feugère est de ce sentiment et il juge que l'abbé Hurel commet une erreur en disant que « les Se7^mons de Bourdaloue, publiés par le P. Bretonneau, ont pu suffire à remplir une carrière apostoliqiu' de plus de quarante années ' ». C'est à ce fonds mutih' et amoindi'i que nous allons puiser. On s'est imagineque les manuscrits des Sermons de Bourdaloue se trouvaient à la ])ibliothèque de Berlin; c'est une eri'eur, on y délient seulement une lettre adressée à un P. de Trêves, publiée récemment- et que