‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 38 sur 347 · Bourdaloue, sa vie et ses œuvres · texte numérisé non relu

Bourdaloue, sa vie et ses œuvres

2. Bourdaloue, sa correspondance et ses correspondants, par le P. Ghérot.

M. A. Wilmanns déclare être la seule pièce aiilographe du grand prédicaleui* que Ton y possède. Quoique notre dessein soit surtout de faire connaître les sermons de Bourdaloue à la cour, nous signalerons cependant, en dehors de ceux-là, les sermons prêches dans les églises de Paris et de la province, mais ceux seulement qui ont une date certaine. Suivons donc cette belle et longue carrière oratoire si l)leinement rem])lie, fournie sans répit et sans défaillance et qui ne devait avoir pour terme que la mort même du pr(''dicateur : elle va de l'année 1668 à l'année 1704'.

Dans le premier sermon de TAvent de 1670, Bourdaloue prit pour sujet : la Récompense des saints. La station de l'Avent s'ouvrait chaque année à la cour, dit Dangeau, par le sermon de la Toussaint et se clôturait par celui de Noël. Bourdaloue, parlant pour la premièi'e fois devant Louis XIV, le fit avec la simplicité qui était la qualité dominante de son talent. Il n'enfla ]»oint le ton, il |)arla tout naturellement comme il avait parlé l'année précédente dans l'église de la Maison professe de la rue Saint- Antoine, sans plus d'éclat, sans plus de prétention, et il ravit le roi et la cour, parce qu'il demeura luimême. Entendons-le s'énoncer avec sa sincérité d'accent, sa simplicitt' ne le rend ni fatigant ni monotone. C'est en ces termes qu'il fait la peinture des décep-

1. he Panégyrique de sainl François de Sales, prêché par Hourdaloue à la Visitation de Rennes, nous autorise à porter son ouverture en 1668.

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lions de Thomme du monde. « Un mondain, dil-il (après avoir démontré le bonheur parfait des saints), est bien éloigné de cette assurance à Fégard du monde et de ses récompenses. Car, fondé sur le témoignage qu'il se rend de sa propre conduite, il peut souvent dire en gémissant sur son sort : je sais que par rapport au monde j'ai fait mon devoir; mais je ne sais pas pour cela si le monde m'en tiendra compte ; je ne sais pas s'il reconnaîtra mes services ; je ne sais pas même si mes services lui ont été agréables. Je suis sûr de moi, mais je ne suis pas sûr de ceux qui sont les maîtres et les distributeurs des grâces ; je ne suis ])as sûr qu'ils ont pour moi de favorables dispositions ; je ne suis pas sûr qu'ils en aient même d'équitables... Je ne sais que trop quel est ce monde à qui je me suis malheureusement attaché et o|)iniâtrement confié : mais c'est justement pour cela qu'après l'avoir longtemps servi je ne suis encore sûr de rien, parce qu'une ex])érience funeste m'a appris malgré moi et m'a convaincu que, le monde étant ce qu'il est, je n'ai pu ni n'ai dû faire aucun fonds sur lui. Or n'avoir rien en vue dont on soit sûr, ni sur quoi l'on ])uisse com))ter, c'est ce qui afflige le mondain, ce qui le désole, ce qui lui tient lieu de supplice ^ » Cette ])arole portait juste, les courtisans qui Técoutaient l'avaient ap|)ris par une duie expérience. Que ne leui* coûtaient })as les faveurs dont ils ('(aient si avides? Que de

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