Sermon sur la Récoinpenac des Strinls
flatteries, que de l)ussesses, que de dédaigneuses airogances avant de les conquérir et, le plus souvent, combien de promesses violées, d'espérances trompées, de disgrâces imméritées !
Et, à côté de tant de fatigues, d'ennuis, de dégoûts, de chagrins, Bourdaloue montre le peu de valeur des biens que donne le monde. « Que ne ferions-nous pas tous les jours pour obtenir des grâces que le monde esten])Ossession de vendre si chèrement? Des grâces ardemment désirées et impatiemment attendues, mais que Ton s'aperçoit, dès qu'on les a, ne pas valoir ce qu'elles coûtent ? Quelles peines, quelles fatigues ne sup|)orte-t-on pas pour parvenir, après mille contradictions et mille difficultés, à des établissements où l'on s'était figuré des avantages considérables, mais dont on commence à se désabuseretà se dégoûter du moment qu'on y est parvenu! A quoi ne s'expose-t-on pas, et sans y épargner sa vie, que ne risque-t-on pas, pour s'acquérir une gloire qui n'est qu'un fantôme et dont on ne jouit pas j)lutôt qu'on en reconnaît la vanité et le néant?... Vous vous êtes bien tourmentés, vous avez fait bien des efforts, il vous en a coûté bien des bassesses, et tout cela s'est terminé en une vaine et misérable fortune qui n'a pas répondu à votre attente et bien au-dessous de vos prétentions. Pourquoi? Parce que, en travaillant pour le monde, vous avez semé dans une teire ingrate ^ » A des considérations d'une portée si pra-