Sermon pour la fête de tous les Saints
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d'un grand en est l<^ cliof-d'œiivre ; la saintelf- d'un roi en est le miracle'. » Dès ?on |)romier sermon à la cour, Bourdaloue, à F^tonncment de tous, ne parla pas en flatteur, mais en prêtre. Durant sa longue carrière oratoire devant Louis XIV, il ne devait jamais se départir de cette indépendance, il soutint toujours ainsi la dignité de son ministère et, comme l'aditMoréri, il n'en avilit jamais la sainteté'^. Nulle considération ne devait asservir sa ])arole d'apotre ni en altérer la sincérité.
L'impression faite sur le roi, dès le début, fut si profonde qu'elle ne s'effaça jamais. Louis XIV s'habitua vite à entendre un langage si sage, si sobre et si franc. L'opinion des courtisans fut en faveur de Bourdaloue. M"'*' de Sévigné écrivait à M™" de (irignan : « Il prêche divinement aux Tuileries. Nous nous trompions dans la pensée qu'il ne jouerait bien que dans son tripot; il passe infiniment tout ce que nous avons ouï^ » La marquise aurait dû trouver d'autres termes pour exprimer son admiration, et on regrette de la voir employer des mots si peu dignes d'elle. Sainte-Beuve n'aimait pas également tous les endroits de M'"^ de Sévigné sur Bourdaloue : « Elle abuse quelquefois, dit-il, en ])arlant de lui, de ces folàtreries de style et de cette belle humeur d'impression (|ui fait contraste avec les choses graves... En maint endroit elle se joue ainsi contrairement à