Sei'inaii sur le Scandale
le charme de votre vie dissolue, lui avez empoisonné le cœur; c'est vous qui l'avez dégoûtée de ses devoirs ; vous qui lui avez fait secouer le joug; si elle s'est engagée dans vos voies corrompues, c'est |)ar la liaison qu'elle a eue avec vous ; si elle s'est livrée à toutes les passions, c'est ])ar la fausse gloire qu'elle s'est faite de vous imiter; si elle a contracté tous vos vices, c'est par le désir de vous plaire '. »
Et comme Bourdaloue connaît Fendurcissement des puissants et des heureux du monde, il ajoute : « 11 y aura dans cet auditoire des âmes qui ne m'en croiront pas et qui persisteiont dans leurs scandales. Il y aura des chrétiens lâches qui, convaincus de leurs crimes, n'auront pas la force d'y renoncer... Tout scandaleux est homicide, et il doit répondre des crimes de ceux qu'il scandalise ; mais, si le scandale est un si grand mal, que sera le scandale causé par celui dont on doit attendre l'exemple? Malheureux celui qui est l'auteur du scandale, mais doublement malheureux celui qui le donne lorsqu'il est spécialement obligé à donner l'exemple... Quel n'est pas le crime d'un mailre, d'un chef de famille, qui, sans se souvenir de ce qu'il est, et s'oubliant lui-même, ou qui, abusant de son pouvoir, devient le corrupteur de ceux dont il devait être le guide et le sauveur? Malheur à ce grand, malheur à ce maître!... Et vous surtout que Dieu a distingués, qu'il a élevés