Sermun sur le i^candale
qui clôture la première de ces stations ne })eut être de 1670, car le prédicateur, en y formulant des vœux pour la pacilication de l'Europe, fait allusion aux troubles occasionnés par la ligue d'Augsbourg et lui assigne ainsi la date de 1689. A notre avis, le sermon qui clôtura VAveiit de 1670 a dû être perdu, à moins que l'on n'admette qu'il pourrait être l'un des trois dont nous venons de préciser l'époque et auquel Bourdaloue aurait ajouté postérieurement les allusions pro|)res aux événements de 1684, 1689 et 1697, en le répétant au coui's d'une de ces trois années.
VAvent de 1670 causa une satisfaction générale. M'"" de Sévigné écrivait à sa fille que le |)rédicateur avait plu à la cour et parlé « divinement bien ' ». Sa parole avait fortement impressionné le roi par sa valeur doctrinale, sa logique et son indépendance. Ainsi les courtisans difficiles et prévenus, qui avaient admiré Bossuet, se surprenaient à écouter déjà son successeur avec res|)ect et profit. La chaire royale mettait les qualités oratoires de Bourdaloue en lumière. Le roi surtout appréciait le genre de sa prédication. Etait-ce parce que la clarté et la force impérative de cette parole s'accordaient avec son esprit naturell(;ment droit et pratique et son caractère naturellement élevé et absolu? Etait-ce parce que dans sa foi de chrétien et, en dépit de ses faiblesses, il aimait cette défense sobre, solide et énergique des