‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 50 sur 347 · Lettre du 3 décembre 1G · texte numérisé non relu

Lettre du 3 décembre 1G

croyances el des mœurs évangéliques ? On vivait alors, il ne faut point l'oublier, dans des temps de foi, et on savait respecter Dieu et ses ministres. Dans de telles conditions, le souverain passait sur ce qu'il y avait parfois de sévère à son égard; il sentait que c'était juste et mérité, et il répondait aux courtisans et aux libertins qui semblaient surpris de sa tolérance : « Le prédicateur remplit son devoir, à nous de mieux faire ^ » Par cette attitude, Louis XIV en imposait aux mécontents et réduisait au silence la princesse de Conti, la duchesse de Longueville et M"'" de Montespan elle-même. Ce serait, on le croit, au cours de la station de 1G70 que la princesse de ('onli n'aurait pas craint de marquer sa désapprobation pour le langage dé Bourdaloue et de témoigner de son mécontentement en |)leine chapelle royale^; incident fâcheux, qui lui avait attiré le blâme du roi et dont devaient se prévaloir plus tard Pascal et Arnauld pour attaquer l'éloquent jésuite -^ Grâce à ces heureux débuts, l'orateur, qui avait si dignement pris possession de la chaire royale, devait être appelé à l'occuper souvent. 11 allait devenir, en effet, le prédicateur attitré de Louis XIV; son ministère à la cour devait être plus long que celui de Bossuet et que celui de Massillon; son éloquence, par la rectitude de ses lignes, pouvait servir de transition entre la sublimité de celle de son

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