Mémoires du I'. lUipin
ouvEirriuE de sa pukdic atkin 71
devancier et rélésfunce de celle de son successeni'.
Le snccès oratoire de Bonrdaloue, en 1G70, devait s'accroître d'annce en année. Cliaqne station nonvelle allait, en ellct, ajoutera la vogue du prédicacateur el la cour, si difficile en éloquence, en établissait d'avance la légitimité. On senlait que Bonrdaloue était h la hauteur de; sa mission, qu'il traitait en maître les qu<*stions les plus hautes et les plus ardues et qu'on n'avait pas à faire à un timide, mais à un juge. L'arrivé d'hier connaissait le milieu, il parlait en initié pour qui il n'y avait point de secrets ; il n'ignorait ni les personnes ni les choses, ni les intrigues ni les cabales; aussi nul, mieux que lui, n'excellait à révéler, malgré toutes les dissimulations et touc les mystères, ce monde étrange et corrompu. Jugeons-en à ce tableau : « La cour est le foyer malsain où les passions dominent, où les désirs sont ])lus ardents, où les intérêts sont plus vifs, où la vue de se maintenir, où l'impatience de s'élever, où l'entêtement de se pousser, où la crainte de déplaire font qu'à force d'en respirer l'air on s'accoutume à l'iniquité et l'on a moins l'horreur du vice '. » Il l'appelle « l'abrégé du monde, on y fait le mal, on n'y trouve rien qui édifie, on y adore une idole, la fortune, on lui sacrifie tout, repos, santé, liberté, conscience... Pour y établir sa fortune, on essuie tout et on dévore tout ' ».
Aussi, lorsque les courtisans, sous prétexte des