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dangers inhérents à leur genre de vie, s'élèveront contre les pratiques de la foi et prétendront que la vertu leur est plus difticile qu'aux autres, Bourdaloue les confondra et leur répondra avec autorité : <( Quand on vous reproche vos désordres, vous vous en prenez à votre condition, et vous prétendez que la cour où vous vivez est un séjour de tentations, de tentations inévitables, de tentations insurmontables : c'est ainsi que vous parlez. Mais détruisons ce vain prétexte, il faut vous obliger à tenir un autre langage et à reconnaître votre désordre. Oui, je l'avoue, la cour est un séjour de tentations, et de tentations dont on ne peut presque se préserver, de tentations où les plus forts succombent; mais pour qui l'est-elle? pour ceux qui n'y sont pas appelés de Dieu, pour ceux qui s'y poussent par ambition, par la voie de l'intrigue, pour ceux qui n'y cherchent que l'établissement d'une fortune mondaine, pour ceux qui y demeurent contre leur devoir, contre leur profession, contre leur conscience, pour ceux dont on se demande ce qu'ils y font et pourquoi ils y sont, dont on dit : ils sont ici et ils devraient être là, pour ceux que l'Esprit de Dieu n'y a ])as conduits. Etes-vous de ce caractère et de ce nombre? Alors, j'en conviens, il est presque infaillible que vous vous y perdrez. C'est un torrent impétueux qui vous emportera... Mais êtes-vous à la cour dans l'ordre de la Providence; y êtes-vous entré avec vocation? y tenez-vous le rang que votre naissance vous y donne? y faites-vous votre charge? y venez-
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VOUS par le choix du prince? une raison nécessaire et indispensable vous y retient-elle? Non, les tentations de la cour ne sont plus invincibles pour vous... Si donc vous vous perdez à la cour, ce n'est point aux tentations de la cour que vous vous en devez prendre, c'est à vous-même, à votre lâcheté, à votre in (i délité '. »
Bourdaloue se demande alors : « Mais quel est le principe du mal? Le voici : c'est qu'à la cour, où le devoir vous arrête, vous allez bien au-delà du devoir, car comptez-\ous parmi vos devoirs tant de mouvements que vous vous donnez, tant d'intrigues où vous vous mêlez, tant de desseins que vous vous tracez, tant de chagrins dont vous vous consumez, tant de différends et de querelles que vous vous attirez, tant d'agitations d'esprit dont vous vous fatiguez, tant de curiosités dont vous vous repaissez, tant d'affaires où vous vous ingérez, tant de divertissements que vous recherchez? Disons quelque chose de plus particulier et insistons sur ce point : comptez-vous parmi vos devoirs tel et tel attachement dont la seule passion est le nœud et qu'il faudrait rompre?... Je ne le puis, dites-vous. Vous ne lepouvez?Et moije prétends que vous mentez au Saint-Esprit et que vous faites outrage à sa grâce. Vos tentations sont les suites naturelles de votre délicatesse et de votre sensualité; car, si des âmes, idolâtres de leur corps, ne se laissaient pas entraîner par la concupiscence, ce