Lettre du 1" avril
OL'VEKTLUE DE SA PUÉDICATION 80
que les serviteurs passaient des journées à garder les places de leurs maîtres. Sous l'empire de cette éloquence, la marquise ne craignait pas d'avouer : « 11 m'a souvent ôté la respiration par l'extrême attention avec laquelle on est pendu à la force et à la justesse de ses discours, et je ne respirais que quand il lui plaisait de finira » Cet enthousiasme était général, lesgrands personnagesetles petites gens comblaient Bourdaloue de leurs éloges. Ainsi, dès son entrée dans la carrière, le modeste religieux jouissait lie la faveur et était le maître de l'opinion. Le mot de La Bruyère lui convenait : « C'est un homme qui, avec un style nourri des Écritures, explique au peuple la parole divine uniment et familièrement'. » Par un mérite rare, cette prédication, accessible à l'intelligence des petits, s'élevait haut et portait loin. Bourdaloue n'apparut pas à ses contemporains comme un météore illuminant de ses feux l'horizon de son siècle, mais il fut l'apôtre éloquent qui, inspiré de Dieu, devait remplir avec honneur le ministère le plus populaire et le plus bienfaisant.