BOL" RD A LOUE
ennemi de la loi ; et c'est où conduit enfin l'esprit du monde. On n'en \ient pns là d'abord, mais, par l'habitude du péché, on s'accoutume, sinon à parler, du moins à penser et à vivre ainsi. A force de violer la loi, la crainte de Dieu s'afVaiblit, le libertinage se fortifie et prend le dessus... Ainsi le pécheur se fonde en raison pour se dispenser de la loi... Chacun en veut être cru, ou sur ses prétendus engagements qu'il proteste ne pouvoir pas rompre, ou sur la confiance qu'il a dans ses forces et dans sa disposition présente. Mais où va une telle conduite, et qu'en pouvons-nous attendre? Avons-nous affaire à un Dieu qui puisse être surpris, et à qui nous puissions en imposer? lui qui a fait la loi selon les vues de sa sagesse infinie, et qui ne nous a pas appelés à son conseil quand il a voulu l'établir, s'en rapportera-t-il à nous? En passera-t-il ])ar nos avis? S'en tiendra-t-il à nos décisions, quand il viendra |)Our nous juger'? » Bourdaloue devient de plus en plus pressant. Le roi et les courtisans ne peuvent, pour se justifier, invoquer les faux prétextes imaginés par leurs passions, ils doivent s'incliner devant la vérité et se rendre à la force de ces raisonnements dont l'éloquence est à la fois si impérieuse et si convaincanle.
Quant à l'injuste reproche fait à la loi de Dieu de n'être pas assez pro|)orlionnée à notre faiblesse, le |)rédicaleur le repousse en ces ternies |)leins d'éner-