‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 81 sur 347 · propos de la diayrdce du cardinal de Bouillon, p · texte numérisé non relu

propos de la diayrdce du cardinal de Bouillon, p

dessus des grandeurs de la terre, et la jeune princesse se donnait à Dieu sans retour.

Le cardinal partageait les idées des siens au sujet de sa nièce. 11 ne se résignait qu'avec peine en pensant à la liante destinée mondaine dédaignée par elle, à ce qu'elle ne fut qu'une simple Visitandine, et il demandait à celle qui avait refusé d'être une des premières reines de l'Europe d'acce])ter au moins le gouvernement d'une riche et grande abbaye. Mais la petite sœur était inébranlable dans son dessein, et avec une fermeté rare à son âge, elle persistait dans ses résolutions. Ravie de la beauté de Dieu, elle aimait le bien parfait, et elle se montrait héroïque pour le conquérir. Au jour de sa prise d'habit, Bourdaloue porta-t-il la parole? Son discours de vêture fut-il prononcé pourM"^ de Lillebonne devenue sœur Marie-Xavier? Si des preuves absolues et formelles ne nous permettent pas de l'affirmer, des présomptions sérieuses et légitimes nous autorisent à le croire. Toujours est-il qu'à cette heure, au pied de l'autel de sa consécration, la noble et belle enfant se sentit, si elle entendit sa parole, mille fois plus heureuse que sur le trône de la Grande-Bretagne. Le sermon de vêture de M"^ d'Elbeuf se trouve dans le Recueil de Phelipeaux et dans un manuscrit de la Bibliothèque d'Abbeville ' ; il fut signalé dès 1886 par M*^' Blampignon. Ce morceau oratoire, jusqu'ici

1. Bibliothèque naliuiiaic, Hecueil île Phelipeaux, Manuscrit d'Abbcville, dans le Cataloi/ne des manuacril.s des Bibliothèques déparlemenl(des, t. IX, Plun.

inédit, mais qui a cessé de l'être, est ploin d'intérêt. « C'est du meilleur Bourdaloue, dit le 1*. Chérot, moins certains défauts. » Le texte est pris des Proverbes : Fortitudo et décor indum£ntmn ejus, et la division est celle-ci : « Son habit est un habit de force et de gloire ^ » A la vêture de Marie-Xavier, la reine Marie-Thérèse, selon le même auteur, avait donné le voile en présence de toute la cour, et ce qui nous importe davantage, ce fut Bourdaloue qui avait prêché. La cérémonie, d'après le P. Lauras, aurait eu lieu en 1676', mais V Année sainte la porte à l'automne de 1678. La fervente novice, dont la famille faisait éprouver la vocation, ne devait être admise à la profession que le 13 janvier 1680. Ce jour-là, au dire de la Gazette, le cardinal de Bouillon officia, la reine donna le voile noir et l'abbé des Alleurs prêcha-^

Pour nous faire une idée du discours de Bourdaloue à la vêture de M"*' d'Elbeuf, nous allons en donner quelques passages que nous extrayons des documents indiqués plus haut. Dès l'exorde, le prédicateur, après avoir fait l'application de son texte à la femme forte dont Salomon a prononcé l'éloge, s'adresse à la jeune vierge dont il bénit l'habit et, la jugeant plus généreuse et plus grande que l'héroïne biblique, il la nomme «la fille forte». « J'aurais pu, dit-il, louer cette généreuse fille |)Our la ferveur de

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