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:î. Gazelle du 20 janvier IGSO,
la piété, pour le mépris qu'elle fait de toutes les grandeurs du monde, pour la constance qu'elle témoigne en renonçant à tous les avantages que sa haute naissance lui promettait, pour son zèle et pour mille autres choses qui sont autant de preuves de sa coopération fidèle aux mouvements de la grâce, mais puisque ce jour est consacré à la solennité de son habit, je m'arrête à ses qualités, vous faisant voir que c'est un habit de gloire et d'honneur pour la vierge qui le porte, et que c'est à elle que ces paroles peuvent être appliquées : Foy^titudo et décor indume)itumeJus,yo'i\h^ àme chrétienne et déjà religieuse d'esprit et de cœur, votre devise... Il n'appartient qu'à vous, continue-t-ilen s'adressant au cardinal de Bouillon, de faire aujourd'hui. Monseigneur, l'office de grand-prêtre, puisque, à l'exemple du grandprêtre Jésus-Christ, vous entrez dans le sanctuaire, non pas pour sacrifier un sang étranger, mais pour y offrir un sang propre, celui de votre illustre et grande maison. Voilà ce qui a fait dans la personne du Sauveur le caractère de son sacerdoce, voilà ce qui fait en vous le mérite de votre piété et dans cette fille celui de son courage. »
Dans la première partie du sermon, Bourdaloue appelle l'habit religieux une défense, un bouclier contre les ennemis que nous portons en nous : la concupiscence de la chair, la convoitise des yeux et l'orgueil de la vie. Habit de pénitence, il éteint l'égoïsme des sens ; habit de pauvreté, il préserve de la cupidité des biens de ce monde; habit de simpli-
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cité, il l'eiid l'àme invulnérable contre les traits de ForgLieil. M"* de Lilleboune, nous l'avons vu, avait refusé la plus glorieuse alliance, elle n'avait pas consenti à devenir une puissance et une majesté de la terre en ceignant la couronne d'un grand empire et en revêtant la |)0urpre royale. Or Bourdaloue, dans la seconde partie du sermon, fait un long parallèle entre l'habit religieux et le vêtement des rois. Ne pourrait-on point trouver dans cette comparaison sur laquelle il appuie et insiste la preuve qu'il s'adressait bien à M"' de Lillebonne et que le sermon de vêture de M'"' d'Elbeuf était bien celui de la prise d'habit de sœur Marie-Xavier?
Le langage du prédicateur nous paraît autoriser et justifier même cette supposition. Entendons-le: « Je soutiens que l'habit des vierges est un habit d'honneur et de gloire et qu'il n'y en a point sur la terre de plus auguste... Ce qui fait la magnificence d'un habit, ce qui le rend illustre, ce n'est pas la matière qui le compose, c'est la dignité de la personne qui le porte; les habits des rois ne sont pas vénérables parce qu'ils sont couverts de brillants, de pierreries, mais parce qu'ils marquent la grandeur de la majesté qui en est revêtue; or je dis que l'habit des vierges a quelque chose devant Dieu de plus grand et de ])lus glorieux que celui des rois, paice que c'est l'habit des épouses du Seigneur... l'habit de cérémonie avec lequel elles contractent leur alliance avec lui... 11 est question de savoir si l'habit des rois est plus honorable dans l'idée
de Dieu que celui des vierges et pour vous en faire vous-mêmes les juges, je dis que c'est l'habit des épouses de Jésus- (Ihrist, et que celui des rois n'est que l'habit de ses serviteurs; or qui doute que la qualité d'épouse du Seigneur ne l'emporte sur celle de ses serviteurs?... Après cela faut-il s'étonner si tant d'illustres filles renoncent à tous les avantages et aux plus nobles alliances? faut-il s'étonner si tant de jeunes princesses se dépouillent de tout l'attirail des grandeurs humaines?... C'est là, ma chère sœur, un grand mystère pour vous, mystère que les gens du siècle n'entendent pas ou par un trop grand engagement au morde, ou par un bruit tumulteu\ de leurs passions, ou par un trop profond oubli des choses de Dieu; c'est aussi le sentiment avec lequel je vous laisse, estimez la gloii'e du saint habit que vous allez recevoir, prisez-le, je ne dis pas plus que les habits du siècle, mais [dus que la pourpre des rois et que tous les royaumes du monde... » N'y a-t-il pas dans ce langage une indication? Est-ce que celte pourpre des rois à laquelle Bourdaloue oppose la divine beauté de l'habit religieux plus grand, plus auguste et plus sacré, est-ce que cette pourpre de la majesté souveraine qu'il se complaît à étaler devant W^^ de Lillebonne, dédaignée par elle, ne représente pas le plus glorieux trophée de sa victoire? Le >S'6^rmon pour la Véture de Af"^ crElbeuf nous semble faire allusion au détail le plus marquant et le plus personnel de la vie de iMarie-Françoise, et, quand nous y lisons ce dernier trait: u Estimez la gloire
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de votre saint habit,... prisez-le, je ne dis pas plus que les habits du siècle, mais plus que la pourpre des rois -», nous croyons entendre le prédicateur s'adresser directement à sœur Marie-Xavier; ce langage lui convenait mieux qu'à Marie-Eléonore et paraissait être tenu pour elle.
La publication de ce sermon encore inédit et qui vient de paraître dans la Revue des Sciences ecclésiastiques K sur l'initiative du P. Griselle, nous amène à noter ici une nouvelle découverte faite par cet habile chercheur. En fouillant le Recueil m-dnu^cril de Phelipeaux, le P. Griselle a trouvé, dans le premier de ses quatre gros in-quarto, la copie d'un autre sermon inédit de Bourdaloue intitulé : InProfessione Monialis. Ce sermon, prononcé à l'occasion d'une profession religieuse, porte en marge l'indication suivante inscrite par Phelipeaux : Du mariage spirituel. Le texte pris de l'Apocalypse est celui-ci : Venit ad me unus de septem Angelis et locutus est ad me dicens : Vent et ostendam tibi sponsam uxorem Agni. Divisé en trois points, ce sermon parle du choix de l'époux et de l'épouse; de l'engagement qu'ils contractent et de la société qui résulte de cet engagement. On trouve à cette composition oratoire des tnuts de ressemblance avec le sermonpourla Vêture de ili"" d'Elbeuf mns'i qu'avec le sixième sermon sur la vie religieuse donné par le P. Bretonneau. La copie de cette exhortation est ant('rieure à l'édilion