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Sermon siir l Impureté

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les plus honorables. L'empoisonnement était parmi nous un crime inouï, l'enfer, pour l'intérêt de cette passion, l'a rendu commun... On sait, disait le poète, « ce que ixuit une femme irritée » ! Ne vous fiez pas à une libertine ; si vous traversez ses desseins, il n'y aura rien qu'elle n'entreprenne contre vous; les liens les plus sacrés de la nature ne l'arrêteront pas, elle vous trahira, elle vous sacrifiera, elle vous immolera... Pour ce péché, on devient profanateur. L'aurait-on cru, si la Providence n'avait fait éclater de nos jours ce que la postérité ne pourra lire sans frémir'?... » Ainsi l'apôtre, devant ces courtisans corrompus jusqu'aux moelles, démasquait les crimes monstrueux provoqués et commis jtar l'abjecte passion et faisait passer devant la cour confondue, comme une infernale vision, le long- cortège des faussaires, des empoisonneuses et des sacrilèges.

A l'aveuglement, au désordre, au crime, l'impureté ajoute le plus honteux des esclavages, a H n'y a |)as de |)éché qui rende plus esclave ; par l'impureté, l'esprit des ténèbres domine comme un tyran. 11 lient l'homme dans ses filets, et, sur de sa conquête, il s'en croit le paisible et légitime possesseur... Cette passion ridicule et bizarre, mais opiniâtre, n'est-ce pas ce qui dessèche le pécheur, ce qui le mine, ce qui le fait misérablement et inutilement languir; n'est-ce pas ce qui l'infatué, ce qui pousse sa raison à bout?... En sorte que, tout i)ersuadé et tout con-

i. Sei'mon sur Vlmpvrelé.

SEK.AIOiNS INÉmrS El' (.MiK.MKS l»E ItlSO, 1682, 1(183. 140

vaincu qu'il est de sa l'olic, il uc peut la vaincre ni s'en défaire, d'autant plus malheureusement ensorcelé qu'il ne l'est qu'à ses dépens, tandis que les I autres ou en raillent ou en ont |)ili('''. » On peut à ces fragments de la première partie du sermon sur Clmpuretè avoir une idée du martyre que la sauvage passion fait subir à ses victimes, elle ajoute à la cruauté de ses déchirements l'ignominie de ses hontes.

Dans la seconde partie, Bourdaloue montre que ce vice est un principe de réprobation, ])arce qu'il soumet et entraîne le p('cheur à l'habitude. « Point de pèche qui rende ylus sujet à la rechute. Je retournerai dans ma maison, dit l'esprit impur, j'y repren- . drai tous mes avantages. N'est-ce pas une expression naturelle de ce qui se passe en vous? Ne sont-ce pas là les malheureuses épreuves que vous faites tous les jours? Après que vous avez chassé ce démon, n'est-ce pas ainsi qu'il revient et que, comptant sur votre fragilité, il n'a qu'à employer le charme d'une volupté passagère pour vous asservir?... Point de pèche qui expose plus à la tentation du désespoir. Il ruine dans une âme jusqu'au fondement de l'espérance chrétienne. L'impudique désespère de lui-même, il désespère de sa conversion, de sa persévérance, du pardon de ses crimes, de sa volonté propre. 11 désespère de Dieu et de lui-même, parce qu'il voit entre Dieu et lui des oppo-

\. Sermon sur l'impurelé.

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sitions infinies... Point de péché qui entr aine plus fortement à l'habitude. Tout y contribue : les occasions beaucoup plus fréquentes, la facilité de le commettre beaucou]» plus grande, les penchants beaucoup plus violents, les impiessions beaucoup plus fortes. Comment changer, comment faire pénitence? Dans cette vie, on ne s'y détermine jamais. A la mort, c'est le péché qui quitte le voluptueux... Le voilà sans pénitence et dans le temps et dans l'éternité et par conséquent dans la réprobation '. » Ainsi ce vice, jamais assouvi, conduit fatalement l'homme à sa perte. Ce n'est pas sans en éprouver un vif regret que nous nous bornons à donner une analyse rapide et sèche de la seconde partie du sermon sur V Impureté; il eût été avantageux, si notre cadre l'eût pei-mis, de lui faire une part plus large et en rapport avec les beautés qu'elle renferme. Nous n'hésitons pas à le dire, ce discours déplut à certains esprits, on s'indigna de la liberté d'un tel langage. Les uns le traitèrent d'audacieux et d'inconvenant, les autres d'indigne et d'odieux, et les moins offensés cédèrent au sentiment exj)rinié dans ce vers :

Le secret d'ennuyer est cekii de tout dire!

Nous reconnaissons que le mot propre, quehpie énergiquequ'ilfûl,n'en'rayaitpas le prédicateur etque

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