Sermon mir la Conversion de Madeleine, li) mars 1CS
SEHMO.NS INÉDITS ET CAUÈMKS DE 1680, 1(>82, IW.i. 1ÎJ3
nobles âmes qui rcprésenluieiil à la coui' le |)ai'li de la piété et de la vertu, elles devai(mt tonib(!r (reliesmômes, car elles n'étaient que le résultat de la susceptibilité et de la colère, de Texagération et de la fausseté. Bourdaloue ne s'en émutguère, (!l, qM(dques jours après, il prononçait le sermon sur la Conversion de Madeleine, dans lequel il adressait, sans crainte d'encourir le blâme de ses auditeurs et au risque, disait-il, de soulever « leurs critiques^ », les leçons les plus sévères aux dames de la cour. Ce sermon, qui suivit de très près celui sur l'Impureté, ne dut certainement pas être du goût des raffinés et des corrompus; prêché à une aussi petite distance de celui qui avait soulevé des tempêtes, il était d'une portée très haute, il proclamait que la parole évangélique, loin de se laisser enchaîner, est au-dessus des injustes attaques et que nulle puissance ne peut la bâillonner. Bourdaloue rappela les courtisans au respect de la parole de Dieu, et, comme la plupart d'entre eux semblaient mettre le roi de leur côté en s'autorisant de ses exemples, il ne craignit pas de dire : « Ce que j'ai dit n'a pas plu au monde ; et Dieu veuille que le monde en me condamnant, ait au moins gardé les mesures de respect, de religion, de ])iété, qui sont dues à mon ministère'-'. »
La leçon s'étendait d'abord à ceux qui avaient formulé les critiques, à ceux ensuite qui avaient donné l'exemple du désordre, et le roi était du